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Plein Chant
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Thomas Sandoz : Allain Leprest « Je viens vous voir»

Thomas Sandoz :
Allain Leprest 
« je viens vous voir»
Tiken Jah Fakoly : Coup de Gueule
Tiken Jah Fakoly
Coup de Gueule

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Eric Toulis : Soyons bref !

Eric Toulis : 
Soyons bref !


Hervé Lapalud : Invendable

Hervé Lapalud : 
Invendable


Eric Toulis : Soyons classe
Eric Toulis
Soyons classe


Raphou : Acte I

Raphael Callandreau
Raphou : Acte I

Gaëlle : ... avec deux L !

Gaëlle :
… avec deux l ! 

Gaspard LaNuit : Il était temps

Gaspard LaNuit : 
Il était temps

Marc Servera : Vie road movie

Marc Servera : 
Vie road movie

Ma bonne Suzanne : Le ciel est un bandit

Ma bonne Suzanne : 
Le ciel est un bandit


Chtriky

Chtriky : Chtriky


Batlik : Juste à côté

Batlik : Juste à côté

K : L'arbre rouge
K : L'arbre rouge

Jean-Pierre Réginal : En concert
Jean-Pierre Réginal : 
En concert

François Gaillard : Chanson au poing
François Gaillard :
Chanson au poing

Benoît Dorémus :  Pas en parler
Benoît Dorémus :  
Pas en parler
Virginie & Dominique : Chansons z'Animées
Virginie & Dominique : 
Chansons z'Animées

Réo : T’Réo
Réo : 
T’Réo

L’Arc-en-ciel des hommes - de Serge Utgé-Royo
Serge Utgé-Royo : 
L’Arc-en-ciel des hommes

Un Tondu, un Chevelu : 
Sur la Corde

Fred Merpol - En attendant la lune
Fred Merpol :
 En attendant la lune

Les Secrets de Diego : live
Les Secrets de Diego :
Live
Fabienne Eustratiades : Danser encore
Fabienne Eustratiades :
 Danser encore
Allain Leprest : Donne-moi de mes nouvelles
Allain Leprest : 
Donne-moi de mes nouvelles

Tichot : Approchez
Tichot : 
Approchez

Gérard Pierron :  Carnet de bord
Gérard Pierron :
 Carnet de bord

Bruno Daraquy - Les absinthes
Bruno Daraquy :
Les absinthes
Christine Ruffin – La fille du vent
Christine Ruffin :
La fille du vent

Jean-François Capitaine : L'X, Y et le Z
Jean-François Capitaine : 
L'X, Y et le Z

Gérard Morel : mon festin
Gérard Morel : 
mon festin
Les Dièses : Migrateurs
Les Dièses : 
Migrateurs
Machinchose en concert
Machinchose :
en concert
Yannick Delaunay : On s'connaît à peine...
Yannick Delaunay : 
On s'connaît à peine...
Christophe Pochon - La rumeur monte
Christophe Pochon :
La rumeur monte
Bruno Ruiz : Si
Bruno Ruiz : 
Si
Nathalie Solence : et si nos maisons brûlaient
Nathalie Solence : 
et si nos maisons brûlaient
Luke : La tête en arrière
Luke : 
La tête en arrière

Hervé Akrich "Chansons à louer"
Hervé Akrich : 
Chansons à louer

Laurent Viel - L'impatience
Laurent Viel :
 L'impatience

Paul et Robin : 3ème
Paul et Robin : 
3ème
Romain Didier : Délassé
Romain Didier :
Délassé
Bandini : l’heure qu’il nous reste à attendre
Bandini : l’heure qu’il nous reste à attendre
Gilles Roucaute : Chansons fleuves
Gilles Roucaute :
Chansons fleuves
Michel Jeanneret : La dernière des javas
Michel Jeanneret :
La dernière des javas
Lo Glasman : Tortuga
Lo Glasman
Tortuga
Bernard Joyet : Au temps pour moi !
Bernard Joyet : 
Au temps pour moi !
Niobé : " De l’humain dans nos affaires"
Niobé
De l’humain...
Yannick  Le Nagard : Vous êtes jeunes
Yannick  Le Nagard
Vous êtes jeune … 

Manu Lods : Les mâchoires de velours
Manu Lods 
Les mâchoires de velours

Mano Solo : Les Animals
Mano Solo 
Les Animals

Oscar Matzerath - « La vieille, la belle et l’autre »
Oscar Matzerath : 
La vieille, la belle...

Le P'tit Crème - Les Electeurs
Le P'tit Crème
Les Électeurs

Pascal Rinaldi :L’inconsolable besoin de consolation
Pascal Rinaldi :
L’inconsolable besoin de consolation
Monsieur Pyl : A la campagne
Monsieur Pyl :
A la campagne
Véronique Rivière : Éponyme
Véronique Rivière
Éponyme
Marc Servera : Mineurs de Cimes
Marc Servera : 
Mineurs de Cimes

Maurad Mancer : La vie en rosse
Maurad Mancer :
La vie en rosse

Fred Chapellier : l'Oeil du Blues
Fred Chapellier : 
l'Oeil du Blues
Juliette – Mutatis Mutandis
Juliette : 
Mutatis Mutandis
Michel Bühler  : Chansons têtues
Michel Bühler :
 Chansons têtues 

Magyd Cherfi : Le livret de famille
Magyd Cherfi : 
Le livret de famille

  Oldelaf & monsieur D : "Chansons cons"
Oldelaf & monsieur D
Chansons cons
Xavier Lacouture : Envie d'ailes
Xavier Lacouture : 
Envie d'ailes

 

 


 

 

 

 

 

 

Niobé – De l’humain dans nos affaires

Comédien au  Théâtre régional des Pays de Loire puis au Théâtre Ephémère du Mans, Jean-Pierre Niobé n’est pas pour autant un novice de la chanson. Il vient d’enregistrer son 3 éme opus. Après Rêves de comptoir en 1994 et le Nanalphabète en 1999, Niobé nous propose aujourd’hui …de l’humain dans nos affaires. Si cette chanson éponyme nous révèle l’engagement de Jean-Pierre Niobé, les autres titres mettent en scène les petites gens, leur vie, le poids  du  quotidien et les bonheurs simples de la vie. Autant de  textes fins et ciselés de Lionel Tua admirablement mis en valeur par la guitare de Jacques Livenais et la basse de Jérôme Bréhin. Désormais membre de la Compagnie théâtrale du Passage à Fécamp, Niobé mène de concert une double carrière où théâtre et chansons  se complètent. Après avoir chanté au  Théâtre de  l’Essaïon à Paris du 27 avril au 7 mai 2005, ses pas emporteront l’artiste en Avignon.

De l’humain dans nos affaires
Crock’notes - rue de la Fontaine
49125 Briollay
Tel 06.81.41.58.96.
Courriel : jpniobe@wanadoo.fr

Brigitte Fourquet

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Oldelaf & monsieur D - Chansons cons

Tout un programme. Deux zozos musicos et rigolos. Dans la tradition de ces groupes mi-chanteurs mi-clowns. Des enfants des Nonnes Troppo ? Des copains recommandables : les Fatals Picards, les Joyeux Urbains, les Blérots de Ravel…

Et c’est parti pour un tour de manège de chansons loufoques, drôles, insolentes, mais jamais « cons » comme annoncé, ni vulgaires. C’est d’abord le « Raoul le pitbull » qui n’a pas pu résister à la tendre mère-grand. « Ker chansonec », hymne inattendu à la Bretagne , chant de marins détourné sur plages polluées. « Petit Pierrot », tendre et enfant battu, aux joues rougies, avec toutes ces rimes en –aques, de Goldorak à claques. « Confessions intimes » entre Mike Brandt et Pascal Obispo qu’ils n’hésitent pas à faire rimer avec « au bistrot » ! « Tire-fesses », un tube de montagne à se geler le c… et à chanter sous la neige. « Le gros ours », ronde enfantine pas pour les enfants qui finit par une course-poursuite dans les fourrés.  « Père-Noël », plus habitué au 12 ° qui tache qu’aux cheminées enneigées, qui met des pains aux enfants, mais pas d’épice. « J’aime pas la piscine », souvenirs d’école et corps d’athlète, regards et sourires des filles. « Le Mont St Michel », chanson d’amour ringard de top 50. « Parce qu’on est jeunes », c’est du rock de djeunes et ça déménage ! « Tractuelle », portrait vachard et « con » de celles qui nous règlent la circulation et nous gardent la paix. « Hirondelle », belle ritournelle scolaire, mais qui n’annonce pas le printemps ! Sans oublier le titre caché, une succession de titres possibles, mais pas retenus, mais qu’on entend quand même…

Une douzaine de chansons pour rire. L’objectif est atteint : on rit et on chante ! C’est bien joué, bien chanté, bien écrit par ces deux huluberlus pas maladroits. On en redemande ! On demande à voir… On attend qu’ils passent dans le coin ou on leur demande de venir ?

Oldelaf & monsieur D : Chansons cons  http://oldelafetmonsieurd.free.fr/

Christian Lassalle

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Oscar Matzerath - « La vieille, la belle et l’autre »

Oscar Matzerath - « La vieille, la belle et l’autre »Oscar Matzerath, c’est – on l’a sans doute oublié – le petit héros du Tambour de Günter Grass, ce gamin qui veut rester enfant, qui ne veut pas devenir adulte et qui regarde le monde en poussant des cris stridents à briser les vitres… C’est aussi le symbole de la mauvaise conscience face à la montée du fascisme dans l’Allemagne des années 30.

Oscar Matzerath, c’est aujourd’hui un groupe de musiciens, un groupe de rock, un groupe bizarre, singulier, aux ambiances noires et surréalistes, dans la lignée des groupes de l’ouest, des cousins des Casse-Pipe malheureusement disparus, un gros air de famille avec Noir Désir. C’est Alban Rougerie (batterie, métallophone), Bruno Jamet (bandonéon, accordéon, scie musicale, clarinette), Jean-Laurent Cayzac (contrebasse, violoncelle, piano), Steven Rougerie (guitares, banjo, voix)

Oscar Matzerath, c’est aussi une belle découverte, surprenante, avec son album « La vieille, la belle et l’autre ». Un univers étrange, mal famé où la mort rode au milieu des chiens et des corbeaux. Une musique très rock, lugubre, avec des guitares qui claquent, des instruments déjantés, des accordéons au son détourné, une scie musicale et un métallophone ! Et ça grince de partout, un peu menaçant, pas très rassurant, mais attirant, forçant la curiosité. C’est sombre et ça envoûte.

Cet album est riche de choses rares, nouvelles, atypiques, voire uniques : un son particulier, une écriture qui se fiche des rimes riches ou foireuses, une voix arrachée, menaçante parfois, pas de refrain ni de couplets, des thèmes tragiques et fantastiques, sur une musique noire comme du Van der Graaf Generator d’autrefois, un « Coffre à musique » façon Musical Box des premiers Genesis, des couinements, des cris d'oiseaux, des traitements bizarres des instruments, et tout ça pour un résultat étonnant, déroutant, mais pas dérangeant, même très convaincant et... et tout ça est superbe ! Magnifique. Un grand bravo !

 Et ça s'appelle Oscar Matzerath… Il faudrait conclure par « à ne pas manquer » ! Faites comme vous voulez, mais ne venez pas vous plaindre ! 

Oscar Matzerath : La vieille, la belle et l’autre http://www.oscar.free.fr/

Christian Lassalle

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Fred Chapellier - L’œil du Blues

Fred Chapellier : l'Oeil du BluesUn parcours d’autodidacte, Jimi Hendrix ou Jimmy Page comme références,  l'importance du  rythme dans sa musique. Un prix de meilleur guitariste de blues français en 2004 ! Tout ça donne envie de découvrir et d’entendre ce « blues standard » dont Fred Chapellier se réclame. Et c’est sans trop de crainte, presque sûr de mon fait que j’injectai son « Œil de Blues » dans mon lecteur…

Et, avant toute note, le plaisir nostalgique de retrouver ces vieux craquements d’ancien 33 tours rayé d’avoir trop tourné. Une promesse comme un vieux Stones. Et le reste qui suit et qui est à la hauteur de la promesse…

La voix est blues, brute et rauque, juste comme il faut sur ces quelques premières notes qui jouent en sourdine « au p’tit jour ». Puis la batterie se met en branle, déchire l’espace, sonne la charge, entraînant tout l’équipage. Ambiance blues rock 70', gros son Vox, voix un peu cassée, Strato en bandoulière, orgue Hammond et piano Rhodes. Et la guitare se fera flamboyante, agressive, en folie, pathétique, gémissante, hors d’haleine, en larmes, en colère, ironique, caustique et rebelle, au gré des neuf morceaux qui composent cet « Œil de Blues ». Les complices du forfait, autour du chef de bande, Fred Chapellier, sont Abder Benachour  à la basse, Pat Machenaud à la batterie et Johan Dalgaard aux claviers… et parfois  la cavalerie des cuivres qui arrive en renfort.

L’univers de Fred touche à tout, du réveil difficile dans le petit matin au mal de vivre dans  notre société moderne, quelques histoires d’amour bien classiques, une chanson en hommage à Roy Buchanan, mais aussi quelques coups de gueule contre l’économie planétaire ou les rituels télévisuels. Sans oublier cette belle définition du blues : « J’en ai vu, j’en ai entendu / Des mecs qui croyaient jouer le blues / Le genre de type qui s’évertue / A compter les m’sures jusqu’à douze / Pourtant ceux qui l’ont inventé / Ne savaient sûrement pas compter, / Pas même les coups qu’on leur infligeait, / Mais la douleur, ils connaissaient ».

Bref, un bel album, du bon blues… Une découverte. Un nouveau venu dans le monde des bluesmen français qui vient s’asseoir aux côtés des Patrick Verbeke, Bill Deraime et autres Mauro Serri. Fred Chapellier, c’est quand il est le plus simple qu’il est le meilleur, c’est quand il est un peu rebelle qu’il est le plus blues. Blues des simples et des démunis, blues de la douleur, blues musique de la vie, « blues  you don’t learn at school ». 

Fred Chapellier : L’œil du Blues www.fredchapellier.com  

Christian Lassalle

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Hervé Akrich : Chansons à louer

Hervé Akrich : Chansons à louerLe dernier Akrich, le troisième du nom, est sorti début décembre et ça s’appelle en toute simplicité « Chansons à louer ». C'est divers, c'est varié, c'est léger, c'est tendre, c'est drôle, c'est tragique, c'est énervé, c'est amoureux, paternel et filial, bref, c'est…écrit !

Et c'est musiqué, interprété et arrangé avec joliesse. Grâce aux cordes grattées, pincées ou frôlées de Sophie Delcourt, aux touches noires et blanches de Sébastien Jacquot, aux souffles multiples de Xavier Mourot et à l'organe de l'auteur compositeur interprète. Qui porte un regard amusé, lucide et concerné sur les mondes qui l'entourent de près ou de loin, qui se mélangent et interfèrent.
C’est même un réel plaisir de lire les textes imprimés dans la pochette, ça se dévore comme du Dimey. Un bonheur de voir en noir et blanc les subtilités que l'oreille a repérées et prises au vol...

Je vous en dirais bien deux mots, je vous en sortirais bien quelques extraits, quelques trouvailles linguistiques, quelques images poétiques, même je vous en fredonnerais bien quelques refrains, mais je dois avouer que je ne sais pas trop comment, ni par où commencer et il y aurait trop à faire, tellement y a rien à jeter !.

Entre sa langue "qui rappe en banlieue, qui flatte en haut lieu, qui scatte à qui mieux mieux, qui lape ses yeux", ses filles qui "l'ont élevé comme ça au rang de père", "l'infamie du FMI" et le "grand vent d'OTAN", cette pianiste et son piano qui "l'a vue gémir et souffrir comme jamais personne après lui", ce "vocabulaire des hommes d'affaires qui s'insinue dans nos mots ingénus", cette madeleine de Proust "photo de vacances", sa p'tite copine "qu'a trois enfants et que c'est pas un problème vu qu'il en a autant et qu'en plus c'est les mêmes", ses tics qui riment "dans le comté râpeux, tics" et "nagent dans le pâté, tics !", ce grand sénégalais à qui "on chante à l'oreille la promesse terrible d'une misère moins pénible au soleil de Créteil", cet enfant, même pas né, que la mère condamne "tous les jours, le casque sur le bide, à son quart d'heure de cours d'anglais formule rapide", cette hésitation entre les délices du Kebab ou du Mac Do ("paraît qu' dans la chair à saucisse y a des p'tits doigts d' syndicaliste"), cet amour, "sa caution, son airbag qui amortit les chocs quand i' s' barre en zigzag, quand i' tombe en soliloque"... et sans oublier la piste cachée de cette Charlotte qu'est "propre et nette comme la lunette des chiottes et à qui i' n' demande pas pour qui elle vote"... 

comment voulez-vous que je vous en extraie toute la substantifique moelle ? 
Il faudrait presque tout citer. Pas possible...
Et vous me direz que j'en ai oublié, qu’on en découvre à chaque écoute, de ces subtilités musicales et de ces perles de « sa » langue, ou que j'ai passé sous silence tant de vers antiques et en tics, comme ce fameux  passage où il est question :

De vieilles javas rythmées, tics
Des mélodies en fa, tics
Ou de belles chansons russes, tics
D'Hélène Carrère d'Encausse, tics

 Hervé Akrich est comme ces cuisiniers qui mitonnent avec amour leurs p'tits plats familiaux, qui, à la fin du repas, viennent dans la salle , les mains sur les hanches, le sourire aux lèvres, presque fiers d'eux, pour saluer les gourmands gourmets et qui, modestes, s'étonnent en rigolant quand on leur dit que c'est excellent et qu'on aurait bien été au rab !

C'est d' la chanson de pays, sans nitrate, sans engrais, sans chimie, ça a poussé dans une tête bien faite et un coeur bien gros, servi par un mec qui regarde, avec amour, humour, tendresse et lucidité, tout ce monde qui s'agite autour de lui... 

Alors... que dire d'autre ? 
Que ce type s'est bricolé un site, genre bout-tics, où il vend ses "Chansons à louer"
http://home.tele2.fr/herveakrich/

Et quoi encore ? 
Qu'il déclare, en guise de conclusion : 
"... avant que votre cerveau ne soit définitivement offert à Coca-Cola, écoutez donc Loïc Lantoine, Thomas Pitiot, Allain Leprest, Jehan, Sarclo et surtout la fanfare à Paulette"
... et qu'il n'est donc pas près de passer sur TF1 !

A recommander autour de vous et à consommer sans retenue !  

Christian Lassalle

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Marc Servera : Mineurs de Cimes

 Marc Servera : Mineurs de CimesJ'écoute, réécoute et découvre l’album « Mineurs de Cimes » de Marc Servera depuis une paire de jours et je dois dire que j'y trouve un réel plaisir... J'y ai découvert quelques perles, des p'tits coups de coeur.

Et tout d'abord, "la voix", car ce monsieur possède UNE voix ! Une voix pour laquelle on a tendance à chercher un lien de parenté dans celles qu'on connaît déjà, on trouve ou pas, l'une ou l'autre ou aucune ... Mais, cette voix,  il y a de quoi en faire un atout, de cette belle voix...

Bon, c’est dit, c'est fait. La voix est belle... mais encore ? Alors, encore,  je dis que j'aime beaucoup l'écriture, très classique, très propre : c'est bien écrit, enfin d'une façon que j'apprécie. Dans le respect de la langue française et le respect de l'auditeur et j'aime ça... Le clin d'œil humoristique dans "Engagé" est une réussite et on peut aller jusqu'à regretter qu'il n'y en ait pas plus de ce tonneau, de celles qui éraflent sans faire de mal, avec une petite pointe trempée dans l'humour, à prendre avec des pincettes du second degré.

Aussi, j'aime beaucoup les musiques, les orchestrations riches qui osent s'affirmer et qui ne me dérangent pas, car je ne suis pas un fan du piano-voix ou du voix-guitare, pas un adepte de la chanson murmurée,  j'aime le rock et la pop a bercé ma jeunesse et j'y replonge souvent..

A côté du piano sur la plage d'Omaha, parmi les vagues et les mouettes, mes petits coups de cœur vont à "Frères de chant", dont le propos me fait penser au Chant des Hommes de Nazim Hikmet,  "Folklores indigos" pour ses couleurs et ses rythmes, "Quatrième de couverture" pour l'amour et la mélancolie, "Ballerine" pour son côté fragile, son côté cristal, "Babouchkas" pour la musique et la douceur de l’histoire,  "P't'être" pour le sujet et son traitement optimiste et, bien sûr, "Engagé" pour son côté dégagé et son humour, il est pas mal quand il est drôle, Monsieur Servera. Sans oublier "Mineurs de cime" parce que c'est une belle conclusion, on a envie d'ajouter à la liste "tailleurs de rimes".

Marc Servera :  Mineurs de Cimes http://marc.servera.free.fr/  

Christian Lassalle

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Manu Lods : Les mâchoires de velours

 Manu Lods : Les mâchoires de veloursManu Lods a sauté le pas et vient de sortir son premier CD en solo.

  Après avoir partagé la route du trio Blue Jean jusqu’en 1997 puis fait un bout de chemin avec Sarclo en 1998, il décide  d’œuvrer  seul. 

  Auteur de l’ensemble des titres de  ce premier opus en solo, Manu Lods se joue des conventions et  nous présente « son Paris » avec une nostalgie décapante dans Vert Parisien ( Rappelle toi, rappelle-t-en/ le boulevard Montparnasse / était vert comme des treilles / vert bateau, vert bouteille / Rappelle toi, rappelle-t-en / il y a dix mille ans / y’avait pas dans Paris ces bus en Plexiglas / ce vert pomme dégueulasse / ce plastoc de voirie) puis mêlant  tendresse et dérision il nous  présente « sa Grand-maman » ( Grand maman était moche / très moche et très méchante / et elle sentait pas bon / elle gardait dans ses poches / ses phalanges tremblantes qui froissaient des actions). Ces présentations faites, nous retrouvons avec  bonheur trois titres qu’il avait partagé avec le trio (Claire d’Angleterre, Tati qui nous promenait déjà dans Paris et la célèbre Cucul que reprend aussi avec beaucoup de complicité Nathalie Miravette, la pianiste aux mains magiques qui accompagne Bernard Joyet…) Manu Lods manie aussi joliment l’humour quand il nous entraîne en famille à Palavas-les-Flots (Mon Dieu qu’il fait beau / le bébé qui chie / putain qu’il fait chaud / on est jeunes et beaux / on va bronzer des biscoteaux à Palavas-les-Flots).

  Les musiciens qui accompagnent Manu dans cette nouvelle aventure ne sont pas des inconnus. A la guitare, à la trompette, au tuba et même aux percussions on retrouve  Eric Toulis qui n’est autre que le chanteur des Escrocs. Aux belles touches, au  piano et à l’accordéon  Hervé Coury et Didier Morel aux bongos, soudo et agogo. Tandis que Sylvain Larrière et Pierre Mortelli s’exercent respectivement au violon et à la contrebasse pour notre plus grand plaisir. Voici donc créée pour l’occasion une équipe sulfureuse dont on va entendre parler !

Manu Lods : Les mâchoires de velours
Le loup du faubourg - Wagram  

Brigitte Fourquet

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Véronique Rivière – Éponyme

 Véronique Rivière : ÉponymeLa voilà… elle est là. La rumeur monte : Véronique Rivière est de retour !

Après une absence de presque 10 ans, Véronique Rivière est de retour avec un 5éme album intitulé malicieusement Eponyme. Cet album rassemble 12 titres qui créent une harmonie aux tons pastels. 

Cependant,  loin de toute mièvrerie, Véronique Rivière nous surprend avec des titres plus puissants comme Matadors (j’ai horreur des amateurs de matadors / des mises en scènes de mise à mort / je déteste le cri des esthètes / qui regardent crever la bête) ou carrément sensuels avec L’un des sens ( baisers sucrés / qui ont le goût de mes rêves / dans la mouvance… nos deux corps s’entremêlent / le sixième sens / nous emmène au septième ciel). 

Elle évoque également certaines désillusions dans Les jolies dames (rangés au fond des placards, marteau et faucille / ne restent que les dollars des touristes de l’île / ces jolies dames vendent leurs charmes / des cigares et du rhum / les jolies dames de La Havane ) ou dans Mister Jack ( c’est un drôle de loustic, un type un peu loufoque / Mister Jack boit cul sec / et l’homme un peu timide oublie tous ses complexes /  Mister Jack boit cul sec / au comptoir c’est un crack).

Ce nouveau CD est le fruit de la  complicité de tout une  équipe, Véronique Rivière est entourée des guitares magiques de Thierry Garcia et des percussions de  Jean-Luc Pacaud. Deux musiciens  qui accompagnent également Xavier Lacouture et Laurent Viel. Laurent Viel, que l’on retrouve ici, complice,  jouant  les chœurs. Véronique Rivière vient de faire  sa rentrée parisienne avec ce nouvel opus au Théâtre des 10 heures du 26 au 30 avril 2005, avant de se produire en régions.

Véronique Rivière - Eponyme
Tacet / Mosaic Music

Brigitte Fourquet

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 Yannick  Le Nagard – Vous êtes jeune … c’est bien continuez.

Yannick  Le Nagard : Vous êtes jeunesNe sachant  écouter un disque dans l’ordre, dans l’ordre  prescrit par l’artiste, je décide de découvrir Yannick Le Nagard à ma façon, de façon aléatoire.

Je commence donc cette exploration par le 9 eme titre,  surprise… je découvre là un artiste totalement irrévérencieux qui  nous présente une « chanson d’amour » d’un genre nouveau avec le « cadeau d’amour », qui met à nu du même coup sa générosité et  son humour …Le titre s’achève et  je choisis d’enchaîner avec le n°6, là Le Nagard fait « l’éloge de la cuite », bon vivant et tendre, l’animal m’intrigue… sarcastique il m’emmène « déranger le monde » et faire un petit tour à « l’hôtel périphérique ».

Le « ton Le Nagard » et ce regard original se sont construits au fil du  temps. Après des débuts à Paris au Limonaire en 1994 et  une brève expérience avec le  trio Chansons pour les gens en compagnie de  Jean Dubois et Yannick Delaunay, Le Nagard  choisit une autre voie. Il sort son premier album en solo en 1997 sous  le titre C’est bien cruel mais c’est la vie, puis un  second album  intitulé Encore un chef-d’œuvre voit le jour  trois ans après.

Depuis 10 ans déjà Le Nagard chante, chante et regarde le monde. Ce monde dans lequel le jeu des apparences est devenu un sésame, bien souvent au mépris de l’essentiel, « les bonnes manières » décrivent  ici cette société de l’Economie et de la Haute Finance qui écrase les petites gens.  Mais Le Nagard n’est pas un chanteur-vengeur, son style quelque peu décalé lui permet d’aborder  les choses de la vie quotidienne comme les voies de la tendresse, d’une façon peu commune, dans un « sixième sans ascenseur ».

Cet album est l’œuvre d’une équipe, et l’équipe Le Nagard se compose aujourd’hui d’Antoine Sahler au piano, de Peyo Lissaragnue aux percussions, d’Eric Mouchot, à la basse  et de Yannick Le Nagard au stylo et à la guitare. Il ne faut manquer ce CD sous aucun prétexte, il y a là  une véritable création artistique loin des sentiers battus.

Yannick Le Nagard – Vous êtes jeune … c’est bien continuez
Mosaic Music

Brigitte Fourquet

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Bernard Joyet – Au temps pour moi !

Bernard Joyet : Au temps pour moi !D’emblée Bernard Joyet esquisse une première pirouette, en évoquant certains aspects notre société il nous livre quelques bribes de sa personnalité et de son talent dans l’heure du leurre (quand crépitent les pépites  et les flash / on ne rince que les princes qui paient cash /  se soumettre au grand maître c’est normal / c’est son flingue qui distingue bien ou mal / sa police sa milice ses soldats éliminent la vermine, le judas). Puis  viennent Les   mots, les mots  qu’il aime tant, dont il se joue, (les mots s’écrivent ou se crient / du chant primal à l’épitaphe / ils friment dans leur orthographe / rutilante carrosserie / impatients et prêt à bondir bravement sur la barricade / en guise d’armes camarades / je n’ai que des mots à brandir) et qu’il nous offre avec malice dans un ragga abscons drôle et  déroutant.

Mais comparer Bernard Joyet à un simple magicien du mot serait atrocement réducteur, des images me reviennent de son spectacle de Loos-en-Gohelle, des émotions, sa voix , la complicité avec son public. Il y a chez ce grand gaillard quelque chose de fragile que ce disque restitue bien, sans doute parce qu’il fut enregistré en public (Vingtième Théâtre à Paris)  avec la complicité de la pianiste Nathalie Miravette, dont les mains  magiques volent sur  les touches et qui signe aussi  les arrangements de ce CD.

Soudainement le registre change, Bernard Joyet s’amuse, nous entraîne, nous  présente un amoureux original, orignal et surprenant, un gérontophile, un bien joli fou (viens m’aimer mémé, viens mémère / le temps fait du bien à l’affaire / mignonne allons voir si l’arthrose a point d’effets libidineux  / je fais dans l’ancien / maison de retraite, hospices / voilà des endroits propices / on n’a qu’à lever le petit doigt, on a le choix). Puis la tendresse nous envahit,  nous submerge même, Bernard Joyet évoque  La maladie, il nous parle, à tous, à chacun d’entre nous, l’espace d’un instant il devient un ami qui sait nos peines (voilà que sa main s’engourdit / mais son aile s’est alourdie / on dit que c’est la maladie / mais son regard s’est refroidi / le vent l’a couché vers midi / alors l’espérance recule / elle a gagné la maladie).

Puis l’humour vient nous apaiser après toutes ces émotions et prend ici encore une  forme inattendue lorsque Bernard Joyet interprète Ma bible (une certaine éthique habite le récit / on peut y déceler  certaines invraisemblances / mais l’intrigue est complexe  hérissées d’inventions / j’ai quelque réticence à  croire qu’une vierge  puisse retrouver, sans une opération / enceinte jusqu’aux yeux sans avoir vu la verge / quel imparable obstacle à la contraception ) qui présente une histoire biblique revisitée

Après Les prolongations, son premier voyage en solitaire en 2001, Bernard Joyet nous fait découvrir l’étendue de son univers, un univers enrichi de multiples expériences, d’abord en duo avec Roll Mops, où l’on trouve déjà à cette époque sous le rire, une plume bien trempée. Par la suite, en   collaboration avec Juliette, pour laquelle il écrit entre autres, Moi j’ me tache, Mayerling, Lucy, c’est l’hiver. Désormais seul en piste, vous pourrez  découvrir ses nouveaux titres sur scène, en première partie de Juliette  au Grand Rex  à Paris, le 11 mai 2005.

Bernard Joyet – Au temps pour moi !
Le rideau bouge 

Brigitte Fourquet

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Michel Bühler  - Chansons têtues

Michel Bühler  : Chansons têtues Michel Bühler résiste toujours. Il nous rappelle, s’il en était besoin,  qu’un autre monde est possible. Un monde où la vie est à refaire, à rêver, et ce titre Ceux qui disent non, semble trouver un écho particulier, à l’heure du référendum sur le Constitution européenne. 

A la façon d’un chroniqueur, il  s’arrête un instant pour gueuler à la face du monde, la situation des détenus embastillés à Guatànamo, Puis de Guantànamo il nous entraîne au Chili,  dans ce Chili d’il y a 30 ans… Trente ans déjà, pourtant…le nom de Victor Jara vibre encore, aujourd’hui porté par la voix de Michel Bühler qui lutte contre l’oubli.

Mais le citoyen  cohabite avec d’autres Bühler, un drôle qui crache sur sa télé et un tendre qui regarde couler le temps, s’éloigner  les enfants… qui nous conte  le quotidien, les champs du possible et qui envers et contre tout nous parle encore d’espoir. L’espoir c’est cette flamme qui vacille / ce feu que je  tiens dans ma main / fragile et fort comme ma vie / c’est tout ce qui me fait humain / l’espoir.

Brigitte Fourquet

Michel Bühler - Chansons têtues
Edition du Crêt Papillon
1454 L’Auberson – Suisse
Contact : mbuhler@freesurf.ch

Brigitte Fourquet


Ce que j’aime le moins chez Bühler, c’est le côté militant rentre-dedans, le côté  y-a-des-salauds-et-d’la-misère. J’aime pas qu’on me dise ce qui est mal.
Ce que j’aime chez Bühler, c’est le côté rappeur, celui qui nous rappelle un vocabulaire sortie du fin fond des campagnes.
Ce que j’aime chez Bühler, c’est le côté tendresse, le côté amour paternel, celui qui touche au cœur.
Ce que j’aime chez Bühler, c’est le côté narrateur, le côté soirées devant la cheminée, celui qui garde en mémoire les histoires d’autrefois.
Ce que j’aime chez Bühler, c’est le côté marrant, le côté rigolo, celui qui souligne en riant tous nos vices, celui qui crache sur la télé, celui qui chante sur la montagne, celui qui parle un anglais que je comprends.
Je n’aime pas trop le Bühler qui donne des leçons, mais j’adore le Bühler qui, sans se prendre la tête, fait des chansons tout simplement, bien que… têtues ! 

Michel Bühler - Chansons têtues
http://www.michelbuhler.com/

Christian Lassalle

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Magyd Cherfi : Le livret de famille 

Magyd Cherfi : Le livret de familleJe sors de chez ma libraire avec le Livret de famille de Magyd Cherfi à la main. Magyd Cherfi c’est l’ex chanteur du groupe Zebda. Zebda que je n’ai jamais vraiment écouté et que  j’avais rapidement catalogué de « groupe pour jeunes ». Et puis dernièrement, je ne sais pourquoi, j’écoute la Cité des étoiles, le 1er CD en solo de Magyd Cherfi. On est bien loin de la chanson pour  ados, d’ailleurs ce gars là n’est plus un adolescent, c’est un quadra, un  père de famille. Ses chansons me touchent, je ne suis pas une enfant de l’immigration mais ses mots m’interpellent et aujourd’hui j’ai envie de savoir non plus comment il chante, mais d’où il vient.

Sans aucun doute, il s’agit d’un livret de famille. Par sa forme, ce livre paru chez Acte Sud, me rappelle le livret officiel que j’ai reçu à la naissance de mon fils. Par son contenu, oui, c’est un livre de famille… Le format me gêne un peu, ce livre fait 70 pages, bien sur on ne choisit pas un bouquin au poids, mais lire un livre de 70 pages, c’est curieux…d’habitude 70 pages c’est un chapitre. Je le feuillette, je le tourne, le retourne. Je le lis.

Ce n’est pas un roman, pas une nouvelle, c’est un récit, non, ce sont des récits, des tranches de vie, des premières années d’une vie…j’y découvre le poids quotidien de l’immigration, la vie des cités. Ca a l’air banal, de dire ça, je croyais savoir mais j’ignorais tout. Quel constat. Je découvre les railleries, les insultes, le rejet, la honte et la colère. Soudainement je mesure la différence, Magyd Cherfi a deux ou trois ans de moins que moi, on est de la même génération. Être de la même génération je pensais que ça suffisait pour avoir vécu les mêmes choses, avoir connu les mêmes modes vestimentaires, écouter les mêmes musiques, je croyais ça fédérateur ! Mais lui a grandi dans la cité Bleuet à Toulouse et moi dans un petit village axonais. Jusqu’à aujourd’hui  je ne mesurais pas bien cette différence, maintenant j’ai l’impression d’avoir regardé la vie avec des verres faussés…

Qu’on ne s’y trompe pas, ce livre n’est pas un bilan des problèmes de l’immigration, c’est  une offrande. Ici on partage des instants de vie, d’amitié, d’amour. On partage les remarques, les réponses et les questions de son auteur. Les mots de Magyd sont simples,  simples et puissants à la fois. Il aborde de nombreux sujets, il se positionne, se moque, se moque de la vie et du soleil. Il regarde les autres avec tendresse et parfois avec rage, il regarde les filles, ces jeunes filles surveillés par les pères, les frères, les cousins, ces filles qu’on ne laisse pas respirer. Les femmes à la terrasse des cafés, leurs jambes que le soleil embellit encore. On sourit, on rit, des dialogues qu’il rapporte, il est provocateur…

Ce livre refermé, je pense à l’amour, pas au plaisir, à l’amour de la famille. Je pense à sa mère. Je pense à la gabardine bleu ciel, au foulard multicolore, je pense à l’amour de cette femme si fort, si solide, érigé comme une muraille imprenable. J’imagine les espoirs qu’elle a nourris, les rêves qu’elle faisait pour ces petits, la rage avec laquelle elle a voulu qu’ils apprennent, qu’ils rentrent dans le rang, la chance qu’elle a voulu leur donner. C’est  difficile l’amour. Oui c’est un cadeau, mais parfois aussi un cadeau empoisonné, un fardeau pour des ados. Soudainement la phrase du proviseur me revient : t’as pas honte ? Non, t’as aucune raison d’avoir honte Magyd, tu as fait un sacré bout de chemin. Un véritable voyage. Au carrefour de tes deux cultures, tu as déjà défriché le chemin pour tes fils. Continue chante, écrit. Et peut être qu’un jour chez ma libraire je trouverais une nouvelle ou un roman d’un certain Magyd Cherfi. En attendant le prochain, j’ai découvert un petit bijou, moi qui le soupesait ce petit livre de 70 pages… c’est sûr le poids ne fait rien à l’affaire, cette fois je ne suis passée à coté.

"Le livret de Famille" par Magyd Cherfi - Éditions Acte Sud

Brigitte Fourquet

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Juliette – Mutatis Mutandis

Juliette – Mutatis MutandisDans ce dernier CD le latin est à l’honneur, il est le fil conducteur de ce nouveau disque et  pour baliser notre route Juliette a mis gentiment à  notre disposition un petit lexique des citations latines  qui complète un très beau livret richement illustré par Samuel Stanto !  Mais ce n’est pas la seule innovation de ce disque, en effet, Juliette s’est lancée dans l’écriture et signe 10 des 11 titres et est désormais admise dans le petit monde des ACI, comprenez auteur-compositeur-interprète !

D’emblée Juliette nous plonge dans la mythologie avec le sort de Circé où pleine d’humour elle retrace l’évolution des hommes, qui, s’ils ne se transforment  plus sous l’effet des potions, subissent une autre mutation  sous l’effet d’un philtre tout aussi maléfique, le pouvoir de l’argent… Juliette  poursuit son chemin et de son humour nous profitons encore avec maudite clochette dans laquelle elle dénonce l’exploitation des petites gens, en nous contant le calvaire de la petite bonne placée dans la bourgeoisie.

Surprise ! Juliette nous offre un duo avec Guillaume Depardieu dont la prestation sert admirablement un texte émouvant et difficile dans une lettre oubliée,  une lettre d’amour d’un poilu, qui  la veille d’un assaut sent la mort roder dans les tranchées. Un texte admirablement bien mis en valeur par une musique sobre et émouvante. Puis Juliette nous a réservé un second  duo d’un autre genre avec François Morel dans Mémère dans les orties ou nous découvrons toute la légèreté et  le charme désuet d’une chamaillerie entre futurs époux...

Mais Juliette la contemporaine aborde aussi le malaise de la jeunesse actuelle, son désespoir  en regardant vers les cités  avec une infinie tendresse dans les garçons de mon quartier…elle retrace également  avec vivacité  l’affolement de la population qui fuit une explosion, un attentat dans il s’est passé quelque chose, où Juliette met en scène les dangers urbains, le risque  industriel.

Les textes de cet album, à la fois élaborés et fantaisistes, nous présentent une nouvelle Juliette qui nous prouve comment elle sait, au-delà des notes, manier le verbe avec talent.

Juliette – Mutatis Mutandis
Le rideau bouge  

 Brigitte Fourquet

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Pascal Rinaldi – L’inconsolable besoin de consolation

Pascal Rinaldi :L’inconsolable besoin de consolationPascal Rinaldi est un artiste suisse dont on entend trop peu parler en France. Un artiste qui a le verbe à fleur de peau, dont les mots libèrent une belle sensualité dans il faut qu’on se touche (y faut qu’on se colle / y faut qu’on se serre / peau contre peau / chair contre chair / faut plus qu’on se lâche / faut plus qu’on se quitte) ou dans la belle indolence (d’aucunes voudraient je pense s’égarer dans mes nuits / je ne dis pas  tout ce que j’ pense /  je ne dis pas tout ce que j‘vis / tout n’est pas d’innocence).

Pascal évoque aussi des  thèmes plus douloureux et qu’il a su admirablement mettre en musique dans Pour toujours, plus jamais en hommage à son père ou dans un singulier Merde à la mort, il sait être à la fois tendre et virulent (Pour tous ceux qu’elle nous a déjà pris / et pour tous ceux qu’il  reste à prendre /  je sais qu’elle a déjà dans son carnet d’adresse, mon nom écrit en gras / parce que j’entends son rire de hyène / jour après jour se rapprocher / je lui garde un chien de ma chienne / un bras d’honneur / un pied de nez).

Mais Pascal sait aussi être plus léger et nous parler d’amour avec finesse et drôlerie tant dans La fosse aux ours que dans Tacum i tacc. Il aborde aussi le quotidien en nous taquinant gentiment dans son titre Toujours les mêmes qu’il nous offre dans deux orchestrations différentes, la première version en R n’ B et la seconde dans une « version manouche » ! 

La sensibilité  et le talent de Pascal Rinaldi se révèlent dans ce disque  incontournable, dont le titre, pourrait bien être un clin d’œil  à Dagerman !   Ce cd est mon coup de cœur de cette saison 2004/2005, il ne reste désormais plus qu’à surveiller les dates de concerts en France pour découvrir Pascal Rinaldi sur scène.

Pascal Rinaldi : L’inconsolable besoin de consolation
Savoir faire productions - BP 325
1896 Vouvry - Suisse
Contact : www.pascalrinaldi.ch

Brigitte Fourquet

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Mano Solo – Les animals

Mano Solo : Les AnimalsIl ya longtemps que j ‘écoute  Mano Solo, d’abord pour sa voix, cette voix me séduit, elle me perturbe, me trouble. Puis pour ses mots, sa musique. Mano Solo est un artiste atypique, j’aime cette différence, il interpelle, il invective, hurlant presque violent et souvent noir. De cette noirceur que lui seul sait porter. Puis sort ce nouvel  album, Les animals. Je retrouve cette voix phénoménale, mais l’homme a changé, il avance, il se lâche.

Tout de suite dans Savane je perçois une différence, on ne ressent plus l’urgence qui semblait consumer l’homme. Dans ce texte, je trouverais même une certaine plénitude, une maturité nouvelle (on fait plus le malin / on ralentit pour aller plus loin silencieux / dans mon cri je sais qui je suis / je n’ai plus ce sentiment si violent si méchant qui malaxait mon présent). Comme d’habitude j’écoute les  chansons  dans le désordre, j’avance aux plages suivantes, je l’arrête le CD, je réécoute. Je  ne veux pas laisser défiler les titres les uns derrière les autres, je ne veux pas entendre Mano Solo ronronner dans mon salon, je veux l’écouter, ne pas en perdre une miette.

A cet instant j’écoute  je n’y peux rien, ces paroles reflètent une telle douceur, une douceur enfin acceptée  (j’aime tant la vie que chaque jour elle recommence / je  n’ai cherché qu’une voix pour adoucir les violences / je n’ai menti que pour tracer des routes de velours) Qui me dira qu’il n’y a pas là un nouvel homme si loin de la marmaille nue d’il y a quelques années. Même sa musique a quelque chose de différent. Quelque chose a mué,  là c’est indéniable. Soudainement la couleur change, ce n’est plus une chanson douce, les percus annoncent un chant, le citoyen prend la parole, un citoyen qui affirme son rejet du culte du libéralisme et qui attaque clairement le Medef et Sarkosy (qui ose encore y croire / un soir dans le vent je rejoindrai les partisans de ceux qui ont l’amour de la vie / un soir dans la nuit il suffira d’un instant pour comprendre la force d’être unis) un résistant s’est présenté dans du vent,  je n’ai pas beaucoup de souvenirs d’avoir entendu Mano Solo évoquer la politique dans ses chansons, mais je  ne les connais pas sur le bout des doigts non plus, mais ça me touche vraiment.

Puis se succèdent Sentiments,  Moi j’y crois et  Botzaris, et là il y a  bien quelque chose de nouveau…tous ces sentiments, tout cet amour, il y a là une césure entre les albums précédents et celui-ci... Cette fois, je l’écoute dans son intégralité, dans l’ordre prescrit par l’artiste et je cherche si  ce disque  a une couleur, une unité…elle est là, il n’y a pas à tortiller, ce cd est un des meilleurs de Mano Solo. Je ne l’ai pas encore vu sur scène. Mais je le verrai bientôt. Cette année pour prendre un peu le soleil, j’ai choisi la Charente-Maritime et précisément La Rochelle où Mano Solo vient aux Francos et le 12 juillet  je serai là.

Mano Solo – Les animals
Warnermusic 

Brigitte Fourquet

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Le P'tit Crème - Les Electeurs

Le P'tit Crème - Les ElecteursVoilà encore des gars qui font reluire le Gaston comme un sou neuf… Ça swingue, ça balance, un peu manouche, un peu musette. Un beau p'tit n'accordéon, la belle guitare et la voix de Jean Foulon et les autres derrière, François , Bruno, Michel et Cédric, tous derrière, mais bien présents ! Des musiques à eux, quelques reprises, mais tellement lointaines des originales, totalement "digérées".
Et puis ces gars généreux accordent quatre plages de leur CD pour quatre textes dits par Bernard, celui dont Claude Duneton parle dans son livre "La mort du français" comme d'un "paysan qui dit Couté comme un prince"…

Leurs "Conscrits" sont un peu manouches, même beaucoup, et on a presque envie de les suivre au pas, ces cons-là (je parle des conscrits)…
Encore la belle guitare de Jean Foulon sur la "Paysanne", terriblement actuelle :
         Et méprisons la gloire immonde
         Des héros couverts de lauriers :
         Ces assassins, ces flibustiers
         Qui terrorisèrent le monde !

Une chanson à faire chanter par le public… qui pourrait bien remplacer les Mangeux d' terre qu'on chante habituellement à la fin des soirées Couté.
Avec le "Petit qui pleure" ils ont choisi un texte moins connu pour en faire une jolie ballade mélancolique.
Leur "Patois" de chez eux balance aussi pas mal… et la voix de Jean Foulon est claire et nette : on n'en perd pas une bouchée, on entend les textes !
Ils reprennent aussi deux tubs de Gaston, chantés autrefois par Edith Piaf : la "Julie jolie" et "Va danser". La Julie jolie sur une musique à eux, Va danser sur la musique de Marcel Legay chantée par Jean avec sa seule guitare.
Puis le très beau "gas qu'a perdu l'esprit", un des grands moments de l'album !
Avec "En revenant du bal", autre merveille, très swing, très rapide… Merde ! C'est beau…
Et puis les "Cailloux", plus classique, moins innovant, mais toujours très beau...

Ils laissent quatre textes à l'agriculturé de Meung : Les "Electeurs" (qui est le titre de l'album… bizarre ?), "Le foin qui presse", "Le christ en bois" et "Le Charretier". De la belle ouvrage de bon paysan ! Bernard dit Couté, comme il respire…

Christian Lassalle

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Lo Glasman – Tortuga

Lo Glasman : TortugaAmbiance portuaire, tripots enfumés, grand large, marins en rade. C’est dans cette atmosphère embrumée que le Tortuga file sa route. A la barre, le capitaine Lo Glasman montre la voie. A la guitare, le jeune loup François Verguet tresse ses accords comme des filets. A la manœuvre, un équipage de talentueux instrumentistes. Et ça balance à bord, le vent souffle des refrains d’aventure…

Les textes et les musiques composés par Lo Glasman et ses hommes se lancent  sur les traces de Zeljko et Zoltan, sur les mers, les océans, dans les jeux de l’amour, au milieu de la violence des mutins, à la rencontre de la fée des ascenseurs et de la princesse Esther.

On retrouve avec cet album « Tortuga » le concept opéra-rock des années 70-80 avec des personnages dont on suit l’histoire à chaque morceau, au fil de l’eau jusqu’à l’île déserte.

Une bien belle idée, un bien bel album. A mi-chemin entre la chanson française et le rock. Un judicieux cocktail exotique à déguster, une île aux trésors à découvrir…

Lo Glasman - Tortuga
http://www.loglasman.com/

Christian Lassalle

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Monsieur Pyl : A la campagne

Monsieur Pyl : A la campagneA la première note, on se dit que le garçon a écouté Bob Dylan ou Antoine... Ce joyeux garçon commence par un hymne à l'insécurité à faire danser le p'tit Nicolas, à lui faire chanter l'Insécu-sécu-sécurité ! Une petite insolence à la Laffaille ! Et bon dieu qu'il chante vite... comme une mitraillette ! Et une voix haute, parfois très haute, comme les chanteurs pop d'avant !

Je ne cacherai pas mon plaisir à l'écoute de son "Côté ville, côté campagne"... Ensuite, "Vahiné" que n'aurait pas renié Boby Lapointe, "L'accident de Durand" comme un Renaud du temps qu'il était chanteur.  Et... très belle, très forte, très enragée, "la démission", qui va crescendo jusqu'à l'explosion, dans  l'esprit Jehan Jonas, avec une bonne dose de haine et d'auto-dérision. Après cette démission, il est l'heure de la météo, "Météocoeur"... météo larmes pour une chanson douce, toute tendre. "Emilien", où le lascar n'hésite pas à montrer très haut comme au bon vieux
temps de la pop, des frères Mael des Sparks ou  d'un... Tino Rossi beatnik ! Avec un parfum cajun qui frise la tyrolienne ! Ah ! On est loin de la grosse voix d'un Paccoud ou d'un Leprest, mais proche d'un Thomas Pitiot ou d'un Hervé Lapalud, son cousin globe-trotter... "Biscarosse" vient ensuite pour donner envie de danser, un texte tout léger, contre les coups de soleil, mais on s'en fout... "T'as l'air d'une grenouille albinos / qu'est-ce que tu fous à Biscarosse ?"  Il enchaîne avec son "gosse", qu'il a envie d'enchaîner... mais, un jour, le merdeux lui dit "papa" !  Après le gamin, on "revisite le chemin 61", avec "Bob dit l'âne"... C'est très joli, une ritournelle pour les cours d'école avec des lonla, sans lalalère ! Un clin d'oeil au vieux Bob avant qu'il ne soit Donald ! Vient le très joli "Mobile d'enfant", pour endormir le gosse. La voix est haute, toujours, c'est joli comme  une song anglaise ou une Polnareff... Mais c'est le que gars veut "rentrer dans les classiques" et, pour lui, les classiques, ce n'est pas que Brel, Ferré ou Brassens,  puisque c'est "la toute jeune chanson française"... et sa crainte est de "pomper Delerm" ! Alors que Delerm... ! Ses "colliers de fleurs" pour faire hippy, avec sa guitare et son harmonica autour du cou ! Sa "Chanson non engagée" où il s'engage à ne pas tomber dans les classiques actuels : Moi j'aurais bien aimé mon nom / En faut des hit-parades / Mais s'il faut chanter des salades / Je préfère siffler sous les ponts... Et pour finir, pour percer en Gaspésie aussi, "Qu'est-ce qui vous tente"   ? On croirait que le grand Gilles va reprendre au refrain !

Je vous le demande : qu'est-ce qui vous tente ?

Monsieur Pyl : A la campagne
www.monsieurpyl.com/

Christian Lassalle

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Maurad Mancer : La vie en rosse

Direct, sans effet de manches, je voudrais dire tout le bien que je pense de Maurad Mancer et ajouter et redonder que c'est vachement bien, ce qu'il fait ! Et qu’on se demande quand c’est qu’il vient, le prochain Mancer…

Je le place dans mes rayonnages entre Laffaille et Souchon. Un petit côté amoureux des mots, un côté amoureux des mélodies et un troisième côté "rebelle gueulard" qui me plait bien. Boby Lapointe et Renaud sont passés par là, c'est sûr ! Ce qui fait que le mec est carré... avec ses trois côtés !

La "vie en rosse", annonce la couleur, ce titre qui donne son nom à l’album et qui en donne le ton... Maurad Mancer est un habile joueur de mots, un connaisseur de la chanson française, un mec qui souligne les petits travers de cette vie pour certains plus rosse que rose ! Moi, j'ai une petite faiblesse pour son "Pour vivre heureux". Mais il y a sur cet album beaucoup, beaucoup de bonnes choses comme, entre autres, le très souchonien "Tous dans la même galère", le très reggae "De père en FIS", le très  inoubliable "Choisir son camp"…

Et reprenons en chœur, en cœur et encore : Pour vivre heureux /  Vivons couchés / Baisons futés / Amoureux

Maurad Mancer : la vie en rosse
contact artiste : mmaurad@wanadoo.fr

Christian Lassalle

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Xavier Lacouture : Envie d'ailes

Xavier Lacouture : Envie d'ailesDès le premier titre on sent que ce disque est d’une autre veine. Si on y retrouve bien toute la complicité du Xavier Lacouture de « Je fanfaronne », de « sans domicile fixe » ou encore de « V’la les beaux jours » ici quelque chose a changé, l’écriture s’est modifiée et  la musique s’est développée. La collaboration de Thierry Garcia a apporté quelque chose de novateur à ce dernier opus.

Il y a là une autre forme d’émotion, dans Son cirque, je découvre un Xavier Lacouture profond qui jette le masque un instant, c’est bon. Et puis agile et épicurien, comme nous l’aimons aussi, il s’amuse et nous entraîne vers d’autres sens dans  les plaisirs de la chère… Puis il aborde l’épreuve de la séparation dans Coupé en deux, « tu me l’as pas dit, tu t’en vas, il y a des signes qui ne trompent pas…tu peux bien partir, m’quitter, m’laisser, m’faire mal, me couper en deux, je m’en fous, l’autre moitié c’est toi… je t’aimerai tout seul…je regrette le temps des disputes qui se terminaient toujours bien »… de l’amour au désir et au plaisir il n’y a qu’un pas, franchi avec beaucoup d’humour par notre ami Xavier dans Quelques grammes…

Je pense au spectacle de Xavier En attendant le prochain que j’ai vu à Bazancourt (51), je me souviens de sa complicité avec le public, notamment lorsqu’il interpréta la célèbre Chanson pour un matou et Mal à la terre où toute la tendresse de Xavier est ici au service d’un sujet qui nous concerne directement, la sauvegarde de notre planète.

Puis Xavier Lacouture met à l ‘honneur non pas un artiste, un physicien ou un prix Nobel mais l’Accordéon, cet instrument que certains pourraient croire passé de mode et qui peut aussi etre une véritable boite à frissons ! !

Soutenus par une musique admirablement adaptée grâce à la complicité de ses deux compères : Thierry Garcia aux guitares et Jean-Luc  Pacaud aux percussions,  les mots et les jeux de mots de Xavier Lacouture trouvent désormais un nouvel écho qui  confère  à ce CD une certaine maturité tout en préservant  « l’empreinte Lacouture ».

Xavier Lacouture - Envie d’ailes
Abacaba Éditions - Mélodie Distribution
http://perso.wanadoo.fr/xavier.lacouture/

Brigitte Fourquet

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Laurent Viel : L’impatience

Laurent Viel - L'impatienceDepuis un certain temps je guettais la sortie du C.D. de Laurent Viel. En fait, je ne connais pas bien Laurent Viel, je ne connais de lui qu’un titre découvert sur le dvd-magazine de l’association Tranches de Scènes où Laurent interprétait Surf on the web.

J’écoute ce disque, à ma façon, dans le désordre, je zappe et me laisse porter par les titres pour découvrir un Laurent Viel plus intimiste. Dans Veux tu où Laurent met à nu le désir, le simple désir charnel, en l’absence de toute promesse, le désir débarrassé des toujours .. veux tu de nous ce soir juste vêtus de rêves illusoires… venus de nulle part, deux inconnus sans passé sans histoire … nu comme au premier jour…le tout accompagné du piano de Benjamin Constant et par les   guitares de Thierry Garcia qui accompagne aussi Véronique Rivière et Xavier Lacouture !

Les textes de Xavier Lacouture me surprennent, ici Xavier développe une autre forme d’écriture, une écriture spécifique à Laurent Viel.

Dans jusqu’à vous il évoque un parcours d’amour à l’issu duquel on trouve  enfin un amour tel que l’on a toujours imaginé. Avant vous j’ai pleuré des torrents, des rivières, avant vous j’ai craqué des failles et des cratère, avant vous j’ai aimé, j’ai joui, j’ai souffert, avant vous …Une vie entière pour parvenir jusqu’à vous… Et la quête d’amour nous porte jusqu’à Mon amour, ou Laurent évoque la part du hasard. Puis Laurent Viel s’engage dans un très beau duo  aux cotés d’ Olivia Ruiz dans L’amour qu’on a pas fait.

Changement de thème, de style, nous voici plongés dans l’enfance, une enfance qui s’enfuit dans Ainsi s’en vont les rêves, où Laurent évoque avec beaucoup de tendresse cette difficulté de grandir, la fin des contes de fées, puis ses nuits d’hommes où il se perd, loin de l’enfant qui sommeille encore en lui quelque part dans le temps des innocents.

Laurent Viel  est un jeune artiste original et émouvant qui a réalisé un cd où l’authenticité des sentiments est mise à nu sans jamais tomber dans le sentimentalisme. Après s’être produit à Paris au Théâtre du Renard du 8 au 30 mars 2005 vous pourrez le retrouver  du 15 au 18 juillet au Festival d’Avignon.

Laurent Viel – L’impatience
Abacaba  Éditions
Contact : www.laurentviel.com

Brigitte Fourquet

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Michel Jeanneret – La dernière des javas

Michel Jeanneret : La dernière des javasMichel Jeanneret, à la première écoute, c’est d’abord la surprise… la surprise d’une voix. Une voix rauque, éraillée qui fait forcément penser, comme c’est souvent le cas dans ces cas-là, à Tom Waits. Forcément ! Surtout quand on n’a pas beaucoup d’imagination, comme moi. Mais ce n’est pas qu’une voix, c’est aussi un garçon qui écrit ses chansons, paroles et musiques et qui les interprète, ses chansons, plus proches du répertoire français de chez nous que du blues de là-bas, malgré cette voix.

D’ailleurs, la première chanson de l’album s’appelle La dernière des javas, c’est vicieux comme titre pour une première chanson, non ? La java, ça montre bien qu’il n’est pas chanteur de blues, le Michel Jeanneret. D’ailleurs, la lente et désuète valse, qui vient après, enfonce le clou. Non, malgré les apparences, le garçon est bel et bien un chanteur de « chanson française ». Et cette voix plante le décor déjanté cher au personnage. Une autre typique du cru, Serions-nous devenus des veaux, c’est celle qui donne à Michel Jeanneret le petit côté contestataire nécessaire, le petit clin d’œil un peu anar. Lilou, c’est le côté chanson d’amour. Le mariage à Dédé, qui aurait pu être flamand, c’est celle que Brel n’aurait pas reniée. C’est une amusante photo de groupe… une farce qui tourne mal, mais qu’est-ce qu’on rigole au mariage à Dédé ! Et encore, il fait beau, une réponse d’aujourd’hui au Y a d’ la joie d’hier du grand Charles. Pour finir, J’ai vu un ange, dans la chanson fantastique de tradition façon Higelin. Malgré cette voix à chanter le blues, le Michel Jeanneret est bel et bien un vrai chanteur bien de chez nous…

Mais encore… Michel Jeanneret, c’est un jeune grand gars découvert à Lyon, dans la grande salle de la Mutualité, en première partie de Julos Beaucarne. Est-ce mal de dire que ce jour-là je venais voir « pour de vrai » le barde écolo belge et que j’ai découvert ce « rocker du Jura » ? Seul sur la grande scène, avec sa guitare électrique, le gars Michel a pas mal assuré, ce fut hélas trop bref… mais on a bien rigolé ! A quand la suite ?

Christian Lassalle

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Paul et Robin : 3ème

Paul et Robin : 3èmeEux, c’est l’exemple type de la mauvaise première impression. Vus en concert il y a une paire d’années, moyennement appréciés et, du coup, pas trop envie d’y replonger… Faut dire qu’ils passaient en deuxième partie d’une première partie qui avait comblé le public ! Faut dire aussi que s’appeler Paul et Robin alors que, un peu comme les trois mousquetaires qui sont quatre, on est trois et que, contrairement aux trois mousquetaires dont trois s’appellent mousquetaires, aucun des trois ne s’appelle Paul ou Robin, c’est prendre des risques.

D’autant que, sur les trois, un des membres est une dame et pas de la moindre importance, c’est LA voix. Paul et Virginie ou - pire -  Robin des trois, on aurait compris peut-être, mais là… Enfin, pour résumer et être clair, Paul et Robin c’est un groupe de trois qui s’appellent Marion Rouxin, Jean Olier, Etienne Mezière : la première chante et écrit les textes, les deux autres pianotent et violonisent, les trois participent aux musiques… C’est à peu près comme ça que ça se passe sur cet album qui s’appelle « 3ème »  et qui est peut-être leur seconde ou leur quatrième !

Pour en revenir à cette mauvaise impression, j’avais donc rangé Paul et Robin dans le rayon « chianson française », genre plus qu’ennuyeux à piano et violon avec chanteuse inspirée. Et ça ne me dérangeait pas, ni eux non plus. Jusqu’à ce qu’un jour un ami large d’esprit me dise : « Je ne comprends pas que tu n’apprécies pas Paul et Robin ». Ah ? J’ai fini alors par risquer quelques Euros pour tirer les choses au clair, pauvre garçon…

Merci, l’ami ! Il n’a en effet pas fallu longtemps pour me retourner comme une galette, pour me convaincre du contraire de ce dont j’étais convaincu, pour me donner envie d’aller entendre ceux que j’avais à peine entendus quelque temps plus tôt… C’est en effet très beau, y a rien à jeter, avec quelques moments très forts, ça bouge et ça balance, ça ne chante pas de conneries, c’est drôle et émouvant et la voix de la dame est souvent sublime ! On les suivrait vite sur Le Chemin de l’école, Rue Mouffetard ou jusqu’au Bout du Monde, avant qu’ils ne deviennent des Stars. C’est parfait, l’ami, et encore un grand merci. Voilà, tout est dit !

Mais, tout de même, cette « mauvaise première expérience » me convainc d’une chose : la scène et le studio sont deux spécialités différentes d’une même discipline, aucune des deux n’ayant la primauté. Donc, aucune des deux n’est à négliger… et à ces artistes dont on dit, après avoir écouté leur rondelle parfois médiocre, qu’il faut les voir sur scène, j’ai envie de dire que le public « des albums » existe autant que l’autre, qu’il a droit aux mêmes égards et que, s’il est physiquement moins présent que l’autre qui se voit, il est là quand même !

Mais, si Paul et Robin passent au coin de ma rue, j’y cours ! Et je leur demanderai pourquoi « Paul et Robin » !

http://www.pauletrobin.com/

Christian Lassalle

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Luke – La tête en arrière

Luke : La tête en arrièreDe Luke je n’avais jamais entendu parlé. En fait ce CD  est un achat de mon fils. Intrigué par ce que j’entendais par bribes, je lui ai demandé de me le prêter quelques jours.

Sur fonds de rock je découvre des textes intéressants, notamment dans La sentinelle (Est ce que la fièvre est un délit d’opinion ? est ce ma peine est un vote de sanction ? Et la sentinelle qui trouve réponse à mes questions, serait-ce la bête ou bien l’oppression…) puis j’écoute Tout va bien, cette chanson m’interpelle. Elle traite de la misère du désespoir, de la poudre aux yeux puis de l’espoir.  Après tout va bien je sélectionne une autre plage L’espèce humaine et je découvre là aussi  un très beau texte « Est ce que le fou est devenu roi / tu as le sourire des sangles que l’on serre, de cette âme qu’on nettoie. Au fond qu’est ce qu’on espère / que sous l’immonde on ai de quoi. On est à genoux devant l’oubli, mais debout devant les rois ! »

Les titres se succèdent j’écoute Hasta Siempre et Seveso. Puis le premier titre de ce CD Comme un homme « Je brise mes rêves mais je ne brise personne/ ni plus vite ni plus gai tout juste monocorde / je cours comme un homme/ peut être qu’un jour sans effort il sera si bon d’avoir su qu’etre plus beau c’est d’être moins mort / je mens comme un  homme ». Puis je découvre Soledad « j’ai aimé ta vie alors aime la mienne /dis le à cette âme qui décède que l’on en reviens pas / souris ou saigne /souris aux drames / la tête en arrière Soledad ! »

J’écoute Le reste du monde cette chanson m’émeut particulièrement, elle est vraiment bien écrite. «  Si tu veux que les rêves sortent comme un bateau s’inonde, détruis les ombres et répands toi comme un éclair sur les rancœurs des âmes pudibondes / elles auront toujours de quoi suffoquer, crois moi /  oublie le reste du monde car le monde t’oubliera / oublie l’esquive des dos courbés /sois matador pour les impies et les profanes / merde à la mort. »

Je suis surprise par ce CD, agréablement surprise et j’avoue je suis fière que ce soit mon fils qui m’ait fait découvrir Luke. Il y a là, sans aucun doute l’amorce d’une belle carrière. A suivre de près ! !

Contact scène : celine@olympictour.fr

Brigitte Fourquet

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Romain Didier – Délassé

Romain Didier : DélasséDélassé est mon premier CD de Romain Didier. Après avoir entendu des échos  de sa prestation au Théâtre de l’Albatros à Reims (51) j’ai envie de le découvrir.  Feuilletant le livret j’apprends que Romain Didier est  bien entouré pour la réalisation de ce disque et que je vais retrouver les guitares de Thierry Garcia. Thierry Garcia  qui a participé au nouvel album de Véronique Rivière et qui accompagne Xavier Lacouture.

Je choisis de commencer cette découverte par une chanson intitulée  Dans ma rue Romain Didier évoque le quotidien, les bavardages météorologiques, la légèreté des rapports de proximité et l’on ne peut que partager son humour et ses doutes quant à  la sincérité de tant de bons sentiments.

La finesse de l’écriture me séduit et je continue mon exploration en écoutant Mon écharpe grise ainsi  j’embarque pour un voyage immobile au cœur d’un univers constitué de d’odeurs de feuilles et de photos délavées. Pêle-mêle se rappellent à nous nos jeux d’enfance, un sourire maternel ou nos premières amours.

Et s’il est encore question d’amour lorsque Romain Didier interprète Petit matin  ou Je t’aime  en braille, la singularité  de son écriture  donne à ses textes  une consistance tout à fait originale, loin de tout sentimentalisme. Puis il aborde d’autres sentiments, d’autres sujets, notamment dans  Comme un truc à 2 temps qui traite de la solitude et  des  instants de découragement où tout semble gris et inutile.  Au bout des rails  est la chanson d’ouverture de ce CD, l’artiste y aborde  l’heure des bilans personnels où l’on s’interroge, où l’on se souvient avec nostalgie de certaines  rencontres éphémères.

Après avoir mis à l’honneur Alain Leprest en reprenant la Rue des rhumes, Romain Didier a choisi en guise d’adieu de conclure  ce CD,  avec  un texte de Claude Semal intitulé  précisément  Avant de nous quitter ce soir.

Après avoir écouté ce magnifique CD il ne reste plus qu’à surveiller les dates de concerts de Romain Didier afin de le découvrir sur scène.

Contact : www.romaindidier.com

Brigitte Fourquet

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Gilles Roucaute : Chansons fleuves

Gilles Roucaute : Chansons fleuvesDeuxième album de Monsieur Roucaute et toujours 5 titres.  Bizarre ? Peur de lasser ou envie de laisser l’amateur affamé ? On ne sait pas…

Mais Gilles Roucaute propose, avec son complice François Verguet, une belle brochette de nouvelles chansons. De la nouveauté dans la continuité, pas de surprise, c’est toujours du Roucaute, avec quelques fantaisies dans l’accompagnement, un accordéon ici, une guitare slide là, des ondes vibrantes ailleurs… et, en y regardant de plus près, un nouveau nom, Guillaume Habrias qui y apporte son grain de son. 

On retrouve sur ce second album la présence du fleuve, du fleuve et de la noyade, comme une obsession, dans une « chanson fleuve ». Cette chanson ou ce fleuve, ils sont majestueux, puissants, sinistres, l’écriture est belle et les arrangements sont fougueux comme un fleuve qui roule. La crainte de se noyer dans la vie qui va à toute vitesse, une « vie sans fioriture ». C’est le Roucaute tragique, à la voix grave et sérieuse.

« Mon double et moi », c’est l’alter ego, le Roucaute léger, une réussite, malgré une allure de petite pochade, c’est le Roucaute à mon goût… Et la guitare paresseuse du père François derrière la voix, le piano sautillant, superbe !

Le Roucaute, comico-cynique, avec « Le puceau », celui qui veut devenir un homme et qui ne fait que perdre son enfance ! Les mots, simples, égrenés comme les grains d’un chapelet, c’est l’innocence qui s’étiole, c’est le mâle qui apprend, c’est l’amour qui déchire !

Enfin, le Roucaute, rigolo, avec « Les étudiants », c’est marrant, ça fait taper dans les mains, ça fait chanter le public, car il aime, le public, se payer la tronche des autres, en oubliant qu’on est toujours les autres des uns ! C’est le Roucaute un peu trop facile, presque démago, tendance Renaud… mais la musique est chouette et le piano sorti tout droit des films muets des années 20 fait défiler sur la toile tous ces étudiants en n’importe quoi !

Bref, c’est un peu bref, jeune homme. Vous eussiez pu nous en mettre une douzaine ! Car on ne se serait pas lassé de quelques titres supplémentaires !  

www.roucaute.com

Christian Lassalle

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Bandini : l’heure qu’il nous reste à attendre

Bandini : l’heure qu’il nous reste à attendreLa scène se passe en province, dans une ville qui n’est pas si belle, qui n’est pas grand chose, mais qui est la sienne, peut-être une ville du Calvados (14000), dans le petit matin blafard, au milieu des canettes vides, des cendriers pleins jusqu’à dégueuler, dans les vapeurs d’alcool à peine dissipées par les amours de la dernière heure. L’ambiance est désespérément noire, la brume sort par les égouts et envahit les trottoirs encore encombrés de leurs ordures. Les dernières gueules de bois cherchent un refuge pour la journée.

Dans ce décor, des types pas fréquentables. Ce ne sont pas des brutes, ce ne sont pas des fils de putes, malgré tout ce qu’on dit, ils s’appellent Bandini, du nom de l’autre pas fréquentable, héros de Fante . Et ils jouent comme des dieux un de ces putains de rock sur des tonnes d’instruments, des guitares, bien sûr, des basses, des batteries, des cuivres les plus divers et autres metallo-choses et progra-matrices dont ils tirent des sons les plus suspects et les plus ravageurs… et tout ça, ça fait un super groupe de rock français, comme on n’en a pas entendu depuis longtemps !

Dans le groupe, y en a aussi un qui joue sur sa voix les textes qu’il a écrits. Et cette voix, c’est un peu celle d’un Leny Escudero croisé avec un Bashung. Et ces textes, ce sont ceux d’un mec qui habite une petite ville de départ et dont le quotidien est limité par la fin de la nuit et le début du jour…

Et là… les artères de béton se resserrent et se rejoignent vers les vieux quartiers, les ruelles sont étroites, le soleil ne les atteint jamais, mais les rues s’embrasent le samedi, les amours y sont froides et les mains se lacèrent, la violence se consume, les joies ne s’espèrent pas, mais les arbres s’encombrent de vert. Les passants se gaspillent dans des nuits presque fauves, les femmes ne cherchent rien et les hommes n’ont rien trouvé, ni amour, ni liberté, pas de mielleux alibi. Ils ne sont même pas morts, juste blessés. On ne parle de rien, on ne brave pas les interdits, on reste cantonné dans ce qu’on a fait de la vie, on sait qu’il n’y a rien à y faire. La dame sans vie meurt sans avoir vécu et le petit garçon a grandi sans souvenir. L’éternel est salement vache parfois, comme l’emblème d’une main montrant cinq doigts. Dans cette ville, on vit sa vie comme on écrase une cigarette sans peur de se brûler les doigts et ça finit toujours au bar de l’arrivée !

Et pour nous entraîner sur ces boulevards crasseux et dans ces rades douteux, pas des brutes, pas des fils de putes, non ! Un groupe formidable qui s’appelle Bandini ! Et Bandini, ils sont sept : Sébastien Barbey (chant, guitare acoustique et textes), Nicolas Doré (guitares), Simon Ferrec (batterie, trompette), Olivier Le Gall (piano, saxos), Mickaël Marie (batterie), Marceau Gauchy (trombone, tuba, trompette), François Demichelis (basse, contrebasse).

Patron, tournée générale !

http://www.lakala.net/

Christian Lassalle

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Bruno Ruiz - Si

Bruno Ruiz : Si

 

 

Que dire ? Qu’en dire ? Que c’est grand, que Bruno Ruiz est un chanteur et un poète, mais comme le mot poète ne veut rien dire ! Que la musique est bonne, que le piano est beau, que la voix est forte et claire, que les mots touchent et font mouche. Que l’émotion est grande !
Quoi d’autre ? Que la chanson z’à texte, que la chanson « d’auteur » n’est pas habituellement ma tasse de thé, que le piano/voix ne me suffit pas la plupart du temps, que je préfère les guitares électriques et les solos larmoyants des joueurs de blues. Mais que là, c’est très fort !

Qu’ajouter à ça ? Ses mots, les mots de Bruno Ruiz, faute de pouvoir les faire entendre :
« J’étais fier parce que je n’avais pas le choix d’être humble »
(Les rouges du fond).
Tout est dans cette phrase : les origines, le statut de réfugié, l’engagement politique, la rage, l’envie de s’en sortir sans oublier, le souvenir des siens…
et le besoin de transmettre :
« Pourras-tu lire entre les mots / Les vieilles langues de nos vies / Sauras-tu choisir ce qu’il faut / Entre colère et utopie »
(Nouvelle route).
« Des forces / Pour éclairer l’avenir sombre / Et rebâtir sur les décombres / Des forces »
(Des forces).
Cet album a éjecté de mon lecteur de CD les vieux Clapton, Lou Reed et autres géants du blues que je redécouvrais avec un plaisir rare. A chaque écoute, de nouveaux mots donnent de nouvelles émotions, ce que Bruno Ruiz appelle l’utopie mesurée.
« J’ai rangé vos grands soirs au musée de l’histoire
Mais ma flamme est intacte et je suis toujours là »

(Mise au point)
« On n’est que la récolte
De ce que l’on espère »
(Vers la fin)

Contact : brunoruiz@free.fr

Christian Lassalle

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Christophe Pochon – La rumeur monte

Christophe Pochon - La rumeur monteChristophe Pochon et les sangliers rieurs ! C’est le nom exact et complet. Et un sanglier rieur, c’est un sanglier suisse version sud-américaine... Et tout ça, ça fait monter la rumeur !

Et moi, j'aime bien... Ça bouge, ça tangue haut, c'est chaud, c'est cubain, c'est argentin, c'est un peu fanfare de Santiago de Fribourg avec trompettes et grosse caisse, je me trémousse, faut voir ça ! Les musiques sont à mon goût, j'aime cette influence cubaine qu'on soupçonnait dans le premier album.
Ceux qui sont allés un peu plus loin que le Buenavista s'y retrouveront. Le père Pochon est là dans son élément et la voix est à l'aise dans ces musiques de danse. Les thèmes des chansons sont essentiellement des portraits de femmes, avec plus ou moins de bonheur, mais le rythme emporte tout et... Pol de Groeve et Christophe Sigognault ne sont ni Vasca, ni Semal, tant pis, tant mieux ! C'est pas hermétique, pas poésie d'initiés, pas rebelle, pas témoin de son temps, mais c'est bien écrit, avec quelques trouvailles. L'intention première est de chanter, de faire chanter et de danser...  et le but est atteint.

Ça s’écoute, sans prendre la tête, sans révolte et sans haine, pas une rumeur au cerveau, pas de poings serrés, pas de grand soir, que des beaux soleils couchants sur le Malecon du lac Léman…
Ce musico suisse et ses deux compères scribouilleux, un belge et un français, ont fait une Europe musicale sur des rythmes sud-américains : fallait oser ! Et ils l’ont fait…

Et enfin, comme message aux générations futures, ils disent :
        Pour ne pas voir toute la misère
        Yaka faire comme tout l' monde

  Contact : www.christophe-pochon.com/

Christian Lassalle

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Nathalie Solence : Et si nos maisons brûlaient…

Nathalie Solence : et si nos maisons brûlaientDans son dernier CD de Nathalie Solence, toujours proche de nous,  met en musique de belles  scènes du quotidien, de ces petites choses qui nous tiennent à cœur.  Elle souligne le poids du temps. Elle se fait l’écho de nos questions, de nos doutes et de nos émotions. Comme la nôtre, sa vie file trop vite et comme nous, elle cherche à garder en mémoires ces moments  simples. Ainsi, elle  dresse un constat émouvant dans je n’ai pas vu passer le temps (demande le à tes enfants – hier encor’z’avaient quatre ans – ils en ont dix-sept à présent – s’il m’arrive maintenant de balayer des cheveux blancs ce ne sont plus ceux de maman…).

Amusée et coquine Nathalie Solence nous entraîne dans Donne-moi tes mains. Puis d’amour et du temps il est encore question dans un pantoum intitulé Demain, j’arrête de t ‘aimer. Sa voix claire évoque ici l’automne de l’amour et l’impuissance face à cette inévitable  altération. Cette chanson réveille mes souvenirs et me rappelle la participation de Nathalie  au spectacle organisé par Chant’Essonne  à Forges les Bains en juin 2004. J’aime aussi la légèreté de Nathalie qui vient nous distraire un instant avec Un amoureux à Nantes.

Mais au-delà de la Nathalie qui sait si bien  nous accompagner,  il est une Nathalie Solence qui m’émeut encore d’avantage c’est la femme d’idées et de fraternité. Celle qui évoque celle ou celui qu’on découvre sans vie, sans logis, sans papiers,  sans identités dans Pour l’ami. Cette chanson est si  forte, si puissante, c’est le titre que je préfère. Sans aucun doute,  la fraternité commence par un regard, par le regard que l’on porte sur les  autres. Et ici elle est belle, la fraternité ! Il me prend certains soirs l’envie de rêver qu’il y ait quelque part un petit coin douillet… un infiniment grand… bien au chaud sans hier…pour tous ceux qu’on massacre à la guerre  hommes femmes ou enfants et combien d’innocents …qui meurent assassinés …au nom de quelle idée, de quelle absurdité ? 

Nathalie Solence – Et si nos maisons brûlaient…
Crescendo Moderato  - Mélodie distribution

Brigitte Fourquet

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Yannick Delaunay : On s'connaît à peine...

Yannick Delaunay : On s'connaît à peine...On s' connaît à peine, M’sieu Delaunay, si peu, même pas... si on veut. On a dû se croiser un jour de concert à la porte d’un petit théâtre rémois. Bonsoir, bonsoir et puis c’est tout !

J’ai même failli vous rater, M’sieu Delaunay. J’avais découvert deux chansons de cet album sur une chouette petite radio sur le net et, pas net, j’avais pas adhéré, ni fergusonné. Ou peut-être que j’avais ce jour-là les oreilles engourdies par la chanson z’à texte ou mises en ébullition par la chanson z'endiablée… Mais bon, j’avais même trouvé ça gnangnan, c’est dire qu’aujourd’hui j’ai l’air con !

Mais, à cette époque, M’sieu Delaunay, j’ connaissais à peine votre album qui s’appelle « On s' connaît à peine ». Faut donc m’excuser ! Et ceux qui disent qu’il faut voir en scène pour apprécier ont failli avoir raison. Ben non. Suffit d’être un peu curieux et je ne regrette pas mon investissement... de curiosité bien placée.

Car… aujourd’hui, je me régale…

D’abord de cette musique qui balance comme j’aime, qui fait bouger, qui va de la bossa nova au swing à la Michel Legrand , en passant par le son cubain ou la salsa, la ballade amoureuse et poétique, le chant champ paysan et la comptine pour enfants de tout âge…

Ensuite de cette voix haute et légère, en apparence fragile, un peu comme un Christophe aux mots bleus, de cette voix qui sait se fondre dans tous les accompagnements, dépouillés et riches, de la simple basse au rythme musclé d’une moissonneuse-batteuse... sans oublier le joli filet de voix de Lola Torreilles dans le duo "des nuages".

Enfin de ces textes, de ces petites  histoires simples et quotidiennes qui font qu’on s’ connaît mieux, de cette cigale qui danse et qui enchante, de cette belle qui dort dans les bras de son prince et c’est charmant, de ce Berck pas beurk mais plutôt rock, de ces mélancoliques nuages qu’on espère blancs, comme ces seins qui sont les siens, de cette vie douce chantée en douceur, de la petite Emma qui va toute seule acheter son pain, de ces tendres chansons d’amour un peu tristounettes, sans oublier l’hymne aux travaux agricoles motorisés… et là fallait oser !

Allez, salut, M’sieu Delaunay ! On s’ connaît toujours à peine, mais moi j’ vous connais déjà un peu mieux… A un d’ ces jours !

http://www.yannickdelaunay.com/

Christian Lassalle

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Gérard Morel : mon festin

Gérard Morel : mon festinLe bon gars pas dégueu is back ! Le bouffeur de pieds, l’avaleur de vers ! Le goinfre du mot ! Gourmand autant que gourmet ! Gargantua ou Pantagruel ! Un Rabelais revenu pour pousser la chansonnette dans un petit bistrot pas forcément aux normes, mais sûrement à la table bien garnie.

Le dernier Morel, c’est du Morel grand cru, de l’appellation contrôlée. Un désormais classique. Une écriture bien à lui. Le plus souvent, des vers courts, nerveux, musclés qui ne laissent aucun répit à la comprenoire. C’est parfois limite dangereux : rater un ver en plein milieu d’un couplet pourrait être fatal…

Comme, par exemple, sa "vache de greluche" : il ne laisse à personne la moindre chance d’une rime inédite, il se les fait toutes et quand il a épuisé le catalogue il en invente. Et il débite tout ça à un rythme, comme s’il allait manquer de temps, une mitraillette auvergnate, un Giscard ADSL !

Et, du coup, il en fait des tonnes. Il est comme ces auteurs vifs comme des mobs à réaction ! Il ne regarde pas à la marchandise, quand y en a plus, y en a encore : quand il attaque un os, il ne le lâche pas et le ronge jusqu’à la moelle. On se demande d’ailleurs comment il fait pour se mettre tout ça en tête et le balancer sur scène.  C’est un vrai métier !

Et dans ces mets de choix, qui restent bien en bouche, il y a cet "Hymne à son beau-frère" qui passe en revue toute la famille et n’épargne personne sauf son beau-frère. Il y a aussi la chanson mi-enfantine mi-folklorique qui va baguenauder dans les bois. De la chanson de clown, comme il dit, certes, mais genre clown pas triste et bien rigolo, plutôt habile jongleur, poète, musicien grattant ses cordes de mi, ses cordes de la, ses cordes à linge ou ses cord…ialités. Poursuivi par une Muse du tonnerre, le Morel amoureux s’attache à sa Natacha et lui garde son chat. Le Morel dilettante reprend Roger Riffard pour une java en solitaire, fait équipe avec Romain Didier pour une sieste bien méritée sur leur transat en double

Et puis, autour de lui, avec lui, devant lui parfois, une équipe, comme une troupe de théâtre, les « Gars qui l’Accompagnent », ceux qui savent illustrer les propos de leurs instruments, piano z’et guitares, instruments bizarres, et qui n’hésitent pas à souffler dans leur sax pour donner vie à toutes ces fresques morelliennes !

Et tout ça, ça se consomme sous une treille, à l’ombre, comme un petit rosé bien frais, et ça finit par taper sur le caberlot ! Et quand la fraîcheur monte, que le clairon sonne la fin de la dernière plage, qu’il est temps d’aller voir ailleurs si il y est… on a quand même plus de mal à vider les lieux que ses vers !

http://www.gerardmorel.com/

 

Christian Lassalle

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Machinchose : en concert

Machinchose en concertMachinchose en concert. Un CD six titres avec une vidéo et une interview des instruments et du nombril. Tout est dit ! Déjà, c'est pas normal...

C'est de la pas chanson d'auteur, c'est de la chanson quand même, avec des musiques pas traditionnelles, des textes pas académiques, des instruments pas communs même si on en reconnaît quelques-uns. Mais c'en est ! J'y ai trempé d'abord un doigt, puis une oreille, j'ai sucé mon doigt, puis mon oreille, j'y ai goûté ! C'en est ! Ou ça y ressemble... Et j'oublie la voix : entre Luis Mariano et Benjamin Biolay, entre les deux, mais pas juste au milieu, voyez l' genre !

Et tout ça a un parfum bizarre, comme une senteur de cuisine d'ailleurs  qu'on vous sert à l'improviste. On se demande si nos p'tits boyaux de la tête vont supporter, on n'ose pas trop y toucher, ni par quel morceau commencer. Au début, c'est vrai, ça paraît fade, insipide et on regrette déjà le litron de rouge et le siflard  habituels. Et puis, pour être poli,  la bouche en cul de poule, on en reprend... et on y trouve alors un p'tit goût de reviens-y, un côté absurde limite foutage de gueule qui ne manque pas de sel ni d'épice, un côté rafraîchissant qui relativise la gravité de la situation et remet les neurones musicaux en place, un côté simpliste pas simplet qui complique tout. On finit par être beau, par prendre le temps de vivre avec Vian et ce magnifique "Le temps de vivre" et on se pose la question fondamentale : "Si j'éteins, il faudra rallumer" qui devient  : "Si j' me teins, on m' trait'ra d'allumé"... 

Bref, tout ça mérite d'être découvert, pour peu qu'on aime se laisser surprendre, qu'on n'ait pas trop d'idées fixes et qu'on ait envie de partager cet accès de folie et/ou de courage.

http://machinchoseweb.free.fr

Christian Lassalle

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Les Dièses – Migrateurs


Les Dièses : Migrateurs
L’ambiance est marine, un port de mer quelque part dans le monde, mais c’est pas tout, un feu de campement tzigane dans un coucher de soleil sur la Louisiane. Des passionnés de la mer, de ports et de voyages. De la chanson française du monde, de Paris à Lisbonne en passant par Dublin, Budapest ou Prague !

Côté musique, la touche qui fait la différence et la nuance, c’est ce violon venu de l’Est amerri en Irlande, ce banjo venu de la mangrove et ce tandem basse-batterie, qui assure l’équilibre et maintient le cap quand ça tangue. Et cette voix, sûre et claire, tantôt douce tantôt forte comme la brise marine d'été ou le vent qui rugit au large... Juste équilibre entre chanson française et musiques du monde, des airs de famille avec Bratsch, les Pogues, Tri Yann, Malicorne,  Casse-Pipe...

Côté texte, c’est l’histoire d’un mec qui raconte des chansons, des chansons de départ, des chansons de marins, des chansons de danse, des chansons de port… et « on en oublie le Nord le Sud et la misère des habitudes, bouleversé comme un ciel d’Irlande ». On y danse la valse noire sous les nuits blanches. On passe d’un fougueux Temps de chien au doux Serpentin de la Vie. On y croise des Migrateurs  sans papiers en route vers L’Autre Monde et on s’arrête devant le charme sombre de ce Piquet de Sel

Et tout ce périple se fait sur un navire barré par des mains fermes et sûres, des marins au long cours qui connaissent leur partition sur le bout des doigts, les manœuvres sont réglées au millimètre près. Rien n’est laissé au hasard et tout pourtant semble couler de source, c’est fait D’or et d’ambre. La tendresse et l'ironie ne sont jamais loin,  tapies derrière les brouillards de l’enceinte fortifiée de Brouage ! On a envie de partir avec eux, et, même si on reste sur le quai à écouter leurs chansons, c’est un peu de leur voyage qu’ils nous donnent en partage.

Les maîtres à bord sont : Didier Dubreuil (auteur, chant, guitare), Zito Barrett (compositeur, violon), Dominique Chanteloup (batterie), Alex Gautron (guitares, banjo) et Anicet Debien (basse). 

Et si vous les voyez passer au large, même loin de leurs mers, même en rase campagne, peu importe où, je suis sûr que leur vaisseau sera prêt à vous embarquer. N'hésitez pas une seconde et montez à bord !

http://www.lesdieses.com/

Christian Lassalle

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Fabienne Eustratiades : Danser encore

Fabienne Eustratiades : Danser encoreFabienne Eustratiades. Eu-stra-tia-des, avec le final en –esse comme une déclinaison grecque. Un nom qui chante, qui ensoleille sous un ciel bleu, à l’abri d’une petite maison de pêcheur.

C’est aussi une voix superbe, douce et mélancolique, empreinte de nostalgie, à la recherche des bonheurs disparus, des origines, des odeurs simples et des parfums d’un passé inaccessible, dans la douleur de l’exil…

C’est encore des musiques, des musiques du monde qui passent par l’Orient, sillonnent l’Afrique du Nord, remontent l’Espagne et s’embarquent pour l’Amérique du Sud avec escale au Cap-Vert. Les sonorités des instruments aussi sont de partout, des claves cubains à la flûte de pan, muette depuis le dernier passage du condor.

Sur cet album de « chansons », c’est surtout la musique et la voix qui attirent, séduisent et emportent et on suit. On se laisse conduire à la découverte des textes, des paroles, par bribes, par petites touches. Brassens disait qu’une chanson, c’était « une lettre à un ami ». C’est tout à fait ça, ce Danser encore

Je ne suis pas sensible à la poésie des mots pour la poésie des mots. J’aime qu’on me bouscule comme le rythme à l’intro d’Une exquise lumière. Comme ce Danser encore, titre phare, fabuleux duo. La voix de Fabienne Eustratiades, douce et légère, répond à celle, rauque et grave, de Ilyes dans un duo raï des plus réussis.

Dans le jardin de l’hôpital, une dure et poignante chanson sur la maladie, l’hôpital et la détresse de ses pensionnaires. Massoud, un hommage au commandant disparu et à ses vallées afghanes. Je pense à toi, magnifique chant sur l’exil, dans lequel les simples senteurs du pays perdu font revivre le lointain village : « C’est comme ça tu vois / Que le soir me voyage / Jusqu’à notre village / C’est comme ça / C’est comme ça / Je pense à toi ». Ce « soir qui me voyage » vaut tous les slogans de liberté.

Régal pour les oreilles et le coeur, promenade musicale à travers les souvenirs tendres et parfois tristes de Fabienne Eustratiades, c’est un album de voyage et qui fait voyager…

 http://www.fabienneeustratiades.com

Christian Lassalle

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Gérard Pierron -  Carnet de bord

Gérard Pierron :  Carnet de bordGérard Pierron, c’est lui et son complice Bernard Meulien qui m’ont fait découvrir Gaston Couté. Et découvrir Couté quand on a un peu plus de 20 ans, ça marque. Pierron et Meulien m’ont marqué… Une émission télé qui parle du monde paysan, quelques gars louches qui chantent et disent un drôle de poète. Un disquaire aujourd’hui disparu, dans le centre ville de Reims, « La Clé de Sol », sous les passages Subée. Des gars qui s’y connaissent et renseignent au lieu de fliquer. Sacrifier quelques francs pourtant rares, délaisser pour une fois Peter Gabriel et Lou Reed. Et ces deux premiers 33 tours vont tourner et tourner sur ma platine. Chemino-ot, chemino-ot, chemi-ine !

Près de 30 ans plus tard, Gérard Pierron est toujours là, Couté l’a souvent accompagné. Son nouvel album « Carnet de bord » est pourtant sans Couté, mais Pierron, comme un marin, fait naviguer ses airs sur d’autres rimes. On dit de lui que c’est un excellent mélodiste, on devrait dire qu’il sait mettre ses notes sur des poésies rares, méconnues, îles désertes qu’il découvre et révèle. Toujours il a le souci de faire passer le texte, toujours il se cache derrière l’auteur, il le met en avant, le pousse sur la scène. De sa voix chaude et précise, il a le respect du verbe, de la forme et de l’image. Il sait trouver l’écrin sonore qui va mettre en valeur le bijou des mots.

Au hasard de ses traversées, il note dans ce « carnet de bord » les grands ports où il a accosté, Paul Fort, Jules Laforgue, Léo Ferré, Charles Trénet, mais aussi les petites criques où il s’est réfugié, Jean Moiziard, Eugène Bizeau, Louis Brauquier, Patrick Piquet, Lanza del Vasto ou Allain Leprest… Qui, sans Pierron, connaîtrait Bizeau ou Brauquier ? Il y mêle deux de ses propres productions et emprunte un air à Joffroi pour un somptueux duo avec la belle insulaire Suzy Firth.

Dans cet album, Gérard Pierron, navigateur de la chanson, nous raconte son amour et sa soif de grand large. Ce qui l’attire, ce qui le fascine, ce n’est pas la mer, trop danseuse de golfes clairs, mais l’océan, son aventure humaine et ses catastrophes pas toujours naturelles.

Trente ans après le choc Couté, c’est un grand plaisir de retrouver l’humanité, la gentillesse, la ténacité  de celui qui s’efforcera toujours de rapprocher la chanson et la poésie. Gérard Pierron, comme Brassens avant lui, sait mettre la poésie à la portée de tous, fait d’un art méchamment dit mineur le complice d’un art soi-disant majeur et chacun y trouve son avantage. Et ce Pierron nouveau, pourtant sans Couté, est un de ses meilleurs carnets de bord.

http://www.gerard-pierron.org/

Christian Lassalle

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Tichot : Approchez

Tichot : ApprochezTichot ! Un voisin de l’Aisne et une superbe découverte. Tichot, c’est un chanteur ou un groupe ? Peu importe. Mais en fouinant un peu, on finit par apprendre que c’est Tichot le gars qui chante, qui écrit et musique. A l’accordéon, c’est Caroline Varlet et Pascal Lovergne à la basse.

Et, dès la première chanson, j’y retrouve ce que j’avais tant apprécié chez un groupe comme Casse-Pipe, sans doute et à mon avis le meilleur groupe de chanson française de ces dernières années, malheureusement et mystérieusement dissous.

Et Tichot, avec sa magnifique « 1916 », me replonge dans cet univers, avec cette voix, cet accordéon, cette histoire d’amour sur fond de guerre. La voix est bien claire, bien placée, bien en avant, on ne perd rien du tragique de l’histoire. Dès les présentations, Tichot passe la barre bien haut.

Voyons la suite… Pas mal ! Ce deuxième morceau et c’est la facette bal-musette de la Mano Negra qui ressurgit, avec cet affreux « Ernest Trougnard », sale gueule tout droit sortie des faubourgs parisiens.

Et pendant une dizaine de titres, Tichot présente une galerie de personnages, pas toujours sympathiques, pas vraiment des héros, ni des zéros, des gens simplement. Avec des mots simples et justes, ce « troqueur de mots », traqueur et trappeur aussi, se régale et nous régale. Les musiques sont simplement belles et les instruments forcément au diapason. Tichot nous balade dans son univers de petites gens, en essuyant les ragots, en allant traîner dans les bistrots, assez souvent, le verre n’est jamais loin, sous les cartons de la rue, de temps en temps. Sans jamais faire la morale ou lever le poing. Simplement parce que c’est comme ça.

Allez… un bémol, quand même, pour rester crédible, avec le « Sanglier » qui me laisse indifférent, mais pas pour finir sur une fausse.

Et c’est en même temps rassurant, car cet album, cette découverte, ce premier CD plein de promesses, laisse aussi à penser que tout n’est pas dit, que Tichot a des qualités à développer et plein de choses à nous raconter… A suivre et à découvrir vite sur CD et /ou sur scène. Car Tichot, ce n’est pas que des histoires de bar, c’est des histoires de vie. Mais déjà cet « Approchez », c’est quelque chose !

http://www.tichot.com/

Christian Lassalle

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Jean-François Capitaine : "L'X, Y et le Z de la chanson française  » 

Jean-François Capitaine : L'X, Y et le ZJean-François Capitaine, rémois et adhérent, vient de sortir non pas un album, mais un bouquin... qui s'appelle "L'X, Y et le Z de la chanson française". Déjà le nom est suspect, on sent l’esprit contestataire, le mec à l’envers !

Et ce bouquin, dis-je en toute subjectivité, est une mine, une perle. Un truc drôle, écrit par un gars qui aime les histoires de la chanson, qui aime un désordre ordonné, qui aime la chanson à musique, les mélodies de Brassens qui le frappèrent jeune enfant avant les textes du même Brassens, le terrible poum-poum qui fait croire que tout est simple.

Jean-François Capitaine, c'est un fou furieux de chanson, un Buster Keaton du refrain qui accroche et il habite près de chez nous, à Reims Oreille. A force de raconter ses histoires de chanson à ses potes, il a décidé d'en faire un pavé de plus de 400 pages. Il y raconte, entre autres choses étranges et passionnantes, l'origine du "Ça ira", les premières censures sous Philippe le Bel, les jolies romances de la guillotine, la naissance de la SACEM, les contradictions de Montéhus...

Chaque page se lit indépendamment des autres, mais renvoie à une autre par un lien hypertexte ! Original dans sa conception, pratique dans sa lecture... et sérieux tout en ne l'étant pas !

C'est le genre de bouquin qui se lit par petits morceaux, installé dans un coin peinard, seul et bien assis, au chaud. Tôt le matin ou avant la météo du soir ! On le
repose et le retrouve selon l'envie. Bref, pas le truc dont on relit chaque soir les mêmes dix dernières pages pour comprendre une suite qu'on n'a jamais le
temps d'aborder...

Ils n'en parleront sans doute jamais dans Télérama ou chez Pivot : c'est un signe qui ne trompe pas. C'est pourquoi je vous en parle… Il en a fait imprimer une centaine, avec ses petits Euros, il en a envoyé une paire à des maisons dont c'est le boulot et il a déjà reçu des retours favorables. Alors dépêchez-vous avant que tout le monde l'ait ! Ce serait couillon d’être comme les autres... Imaginez un monde où tout le monde chanterait du Leprest dans la rue ! On s’emmerderait, alors qu’avec l’X, Y et le Z, c’est du bonheur égoïste…

jean-francois.capitaine@wanadoo.fr

Christian Lassalle

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Allain Leprest : Donne-moi de mes nouvelles


Allain Leprest : Donne-moi de mes nouvelles

 

 

Difficile, malgré la controverse…, de passer sous silence le dernier Leprest. La plupart de ceux qui ont, ne serait-ce qu’une seule fois, assisté à un de ses concerts, ne sont pas restés indifférents à sa voix éraillée, son écriture imagée, et son interprétation poignante et émouvante. Ceux là accueilleront donc le dernier disque d’Allain Leprest avec plaisir.
Le premier titre, Donne-moi de mes nouvelles, nous touche particulièrement par son côté autobiographique. « Dis moi dans quel port se planque, la barque de ma cervelle … Connaît-on encor’ Leprest, Fait-il encor’ des chansons…» Puis, nostalgique il se demande Quel con a dit y a rien qui s’passe… petit clin d’œil autocritique sur les effets du temps qui passe et sur les écrits qui restent... Le temps qui passe, il en est beaucoup question dans ces nouveaux titres «  La barmaid devenue patronne », « Les frangins que l’absence traversent, Dans quels vers faut-il que je verse le vent que vous ne boirez plus… », Le temps de finir la bouteille, Les filles de soixante ans.  
Cela pourrait bien nous plonger dans la déprime, me direz vous, nous causer du chagrin, cette « herbe amère le liseron la plante toute noire et très belle enroulée dans la gorge… » et pourquoi pas ? «  Plaignez celui qui n’a jamais étreint le chagrin. ». Mais rassurez vous, c’est un chagrin sans tristesse.  
Et puis, le sourire est aussi là, il réapparaît très vite à l’évocation des ces personnages qui hantent l’univers de l’artiste et qui nous émeuvent. Ces personnages décrits ou cités avec tant d’humanisme, « Les filles de soixante ans…… Ell’zont gardé pour z’elles un vrai rire de pucelle » Lucien et son orchestre à boutons, le voisin de la Chanson Plouf, tous les spectateurs admiratifs devant la nudité de Louise Michel qui descend nue son avenue, et même les p’tits enfants de verre (chanson offerte il y a quelques années à Francesca Solleville).  
Ce disque est aussi empreint d’un univers musical très présent et divers grâce aux arrangements et au piano du complice de toujours : Romain Didier, grâce aussi à la guitare de Thierry Garcia , aux percussions de Jean-Luc Pacaud (musiciens entre autres, de Xavier Lacouture), et à l’accordéon de Thierry Roques.  
Deux grosses surprises aussi : un duo avec Philippe Torreton, acteur dont la personnalité et les choix de carrière ne détonnent pas dans l’univers de Leprest, et un autre plus étonnant, plus rock, avec Olivia Ruiz, ancienne élève de la Star’ac.

Pascale Renard


Depuis que je connais Pascale Renard, avant même la création de Reims Oreille, j’entends parler d’Allain Leprest. Pour ne pas mourir idiote, je vais à la médiathèque et j’emprunte ses disques. Malgré tout l’enthousiasme de Pascale, je n’accroche pas,  il  me manque quelque chose, un « je ne sais quoi »…Bornée, récemment encore, je reprends les mêmes disques et les réécoute. Résolument  je ne capte pas Allain Leprest. Le temps passe, je survis !
Puis, je vais écouter Francesca Solleville et Jehan dans leur dernier spectacle intitulé précisément  « Le bonheur est dans Leprest ». Toute la soirée, à la petite ferme d’Ivry je suis sous le charme… quels interprètes fabuleux et quel auteur ! Les semaines passent, à Reims Oreille on évoque encore Allain Leprest, Pascale bien sur, Christian, les adhérents… En ce moment, tous parlent de «Donne-moi de mes nouvelles »
La tête pleine des souvenirs du spectacle et mes réticences sous le bras, je décide d’écouter le fameux disque. J’ouvre le boîtier et feuillette le  livret. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du beau monde  au générique ! Thierry Garcia, Nathalie Miravette, Jean-Luc Pacaud, Romain Didier, pour ne citer qu’eux…
Chaque fois que je veux découvrir un disque, je l‘écoute dans le désordre, ou plutôt dans un ordre aléatoire… je choisis de commencer par « Une valse pour rien ». Ce n’est pas tout à fait le hasard, Fantine l’a interprété à Ivry. Je me souviens de  l’émotion, de la sienne, de la mienne, de celle du public dans la salle devant cette toute jeune femme reprenant ce texte paternel .
Avec sa voix, avec ses mots, Allain Leprest m’emporte en solitude, en manque d’amour, j’y vais, j’y plonge même…  ses mots tournent dans ma tête « c’est pour rien  que tu valseras / tu tiens du vide dans tes bras / la chaleur que tu sens / c’est celle de ton sang qui valse dans ta  veste »… je suis bluffée… je poursuis ma découverte et j’enchaîne avec un titre assez provocateur « Les filles de soixante ans ». Je me demande ce que je vais trouver sous un titre pareil…Je découvre une historiette sur les femmes et l’âge, une évocation de la beauté et de la maturité, une touche de tendresse, quelque chose d’inattendu en tout cas. De la tendresse à la douleur, j’écoute « le chagrin », ce texte a une résonance particulière, il m’émeut.
Puis, je sélectionne « Etes vous là ? », il s’agit d’un duo avec Olivia Ruiz. Un duo singulier, le mariage de deux voix très différentes qui se répondent  ici dans une harmonie curieuse sur un  texte puissant. Une ambiance de comptoir. Un de ces bars que je ne connais pas, où se croisent sans doute des clients qui promènent leurs vies, leurs espoirs et leurs  souffrances jusqu’au petit matin. De boisson il est encore question dans « Le temps de finir la bouteille », d’un autre genre, d’un autre style. Il y a ici une tendresse qui m’impressionne. D’autres titres m’intriguent, « l’Avenue Louise Michel »,  « Quel con a dit ? »  et « Les p’tits enfants d’verre » que chante aussi Francesca. Il  y a là quelques  chansons précieuses.
Je remets le cd au début pour l’écouter dans l’ordre et voir si j’y trouve une cohésion, une certaine couleur.... J’écoute « Donne moi de mes nouvelles » et ce titre m’emporte vers un Allain que je n’avais pas su approcher jusque là. Je laisse filer le disque sans me poser de questions, je me laisse porter, je savoure. Je  découvre un bel album et un artiste complexe et surprenant.  Chapeau bas Monsieur Leprest ! ce n’était pas gagné d’avance… mais ne dit-on pas  « qu’il y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » alors ça me rassure…

 Brigitte Fourquet

  Allain Leprest – Donne-moi de mes nouvelles 
Contact :  tacetprod@chello.fr

 

Je suis un peu gêné de vous narrer mes mésaventures... mais j'ai failli me faire avoir. Y a des sacrés rigolos parmi vous. Enfin, j'en connais un...
Hier soir, en rentrant les poules, je trouve sur le pas de ma porte un colis. Bizarre ! Ma factrice en RTT, remplacée par un novice. Le paquet posé sur les marches, comme si on avait essayé de le glisser sous la porte. Le cachet de la poste faisant foi est belge, mais ça n'explique pas tout. Je rentre l'objet ratatiné, le déballe avec précipitation et en extrais une de ces choses rondes que j'aime tant. Sur la pochette, un nom connu, archi-connu, un de ceux dont le talent génial ou l'inverse me fait peur et que j'hésite à affronter, même à l'oreille !
Tant pis ! Je m'injecte ce cadeau d'avant Noël et j'attends. Fébrile, impatient, prêt à la grande émotion de ma vie ! Vas-y Jeannot...
Et au bout de pas longtemps... Merde ! Une voix dézinguée, entre Léotard et Guidoni, râpeuse et grave, à la limite de l'audible. Des textes qui sentent le passé dépassé et le renfermé, les éternelles histoires de bistrot et de copains de bistrot, les Jojo, les Paulo. Dimey est froid depuis longtemps ! Des musiques de fête foraine, de p'tit bal à Nogent et je m'emmerde sur mon banc à regarder danser les autres. C'est quoi, ce truc ? Il chante pas, il cause... Tiens ! J'en reconnais une, déjà chantée par Francesca Solleville, sur une musique de Pierron. Pas mal, mais la voix... Et v'là, l'autre, ce "chien de Robert" sorti tout droit des Rois Maudits. On s'attend à le voir payer sa tournée. J'ai préféré Jeanne Moreau  en Mahaut. Je commence à décrocher. Et puis un gentil duo sur une musique académique pour jeunes, une petite avec une voix synthétique, à la Vanessa, mais en moins bien. Je préfère toujours Jeanne Moreau dans le Tourbillon de la vie...
Enfin, j'éjecte le truc ! Pas possible, on s'est foutu de moi... C'est un gag !
J'inspecte la pochette. C'est un faux ! Une farce belge... Ah la vache ! J'ai failli me laisser prendre... Il lui ressemble, on en croirait, mais ce n'est pas lui ! Une grossière faute d'orthographe au prénom qui ne m'échappe pas. Bien joué ! Et ma factrice était complice...
J'en connais un, le long de sa Meuse, qui ne perd rien pour attendre. Ma vengeance sera terrible. Je vais me déguiser en Semmal et j'irai chanter à travers la Brelgique de Gand à Wevelgem en passant par la Flèche Wallonne et en m'accompagnant au blida ! Je ferai la grève de la bière belge et je bouterai toutes les Gueuses hors des Ardennes !
Salaud de B... ! Je vais donc encore attendre un peu, me perfectionner encore, m'améliorer les sens, me rincer les oreilles, un an ou dix, peu importe, car "Ah rien ne presse ", comme dirait l'autre. Un jour j'oserai affronter ce génie, ce talent pur, ce quatrième grand sans compter Mérillon. Mais qu'on me laisse le temps et qu'on arrête de se moquer de mon innocence ! Je suis un vrai nul en chanson d'auteur, mais quand même, le fil était gros. Je sais bien quand même que ce génie, c'est autre chose. Que même si je n'ai pas de talent pour apprécier le grand art, le sien sera tel que, le jour où je l'entendrai, je serai sur le cul ! Mais là, fastoche, faut arrêter de me prendre pour un con !

Christian Lassalle

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Bruno Daraquy - Les absinthes

Bruno Daraquy - Les absinthesBruno Daraquy rend hommage à Gaston Coûté en lui consacrant son CD « Les absinthes ». La rencontre Daraquy-Couté n’est pas nouvelle, il y a déjà plusieurs années que Bruno chante Coûté sur scène, mais graver une petite galette que l’on peut écouter chez soi, c’est bien sympa aussi en souvenir des spectacles !

     L’interprétation de Bruno Daraquy, malicieuse et émouvante  sert fort bien le franc-parler de Gaston Coûté, dont le  regard sur la vie quotidienne, sur les petites gens, est également  bien restitué.   Avec humilité Bruno a choisi des  petits bijoux  comme « les Draps sèchent sur le foin » un texte plein d’humour, ou encore  dans le registre de la vie quotidienne si chère à Coûté  « Jour de Lessive »  où il aborde la misère et la bouteille. Si  Bruno fait le choix de  ne pas reprendre le célèbre « Ces Choses-là » il interprète néanmoins d’autres textes célèbres d ’une saveur particulière comme « l’Enfermée »  « la Toinon » ou encore « le Gas qui a mal tourné ». Ce disque nous emporte dans une autre dimension,  une dimension où la chanson, une certaine chanson, a encore de beaux jours, loin des formatages actuels.

    Récemment, le 21 novembre dernier Bruno a participé au spectacle « La commune n’est pas morte » au XXe théâtre à Paris en compagnie de Natacha Ezdra, de Dominique Grange, de Serge Utgé-Royo et de Francesca Solleville. Avec cette belle équipe il a interprété des chansons consacrées à la Commune comme « L’insurgé » d’Eugène Pottier. Les  chansons  interprétées  ce soir-là ont donné naissance à un C.D. Si  ce CD n’est pas commercialisé seul, il est proposé en coffret avec la BD   «  Le Cri du peuple » que   Jacques Tardi a adapté du roman de Vautrin. Voici donc  avec « Les absinthes »,  une autre occasion de retrouver Bruno Daraquy, trop rare sur scène.

Contact scène : Cristine Hudin
3 av., Ph. Auguste
75011 Paris
Tel : 01.40.21.37.77
Mail : edito.hudin@wanadoo.fr

Brigitte Fourquet

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Christine Ruffin – La fille du vent

Christine Ruffin – La fille du ventCachée en Ardèche dans la région d’Annonay vit une artiste, auteur compositeur interprète.  Après avoir mis sa carrière en sommeil le temps de s’occuper de ses petits. Christine Ruffin a repris la chanson en professionnelle et vient d’éditer son 3 eme opus intitulé « La fille du vent ». Christine Ruffin écrit des chansons pleines de tendresse comme « Les petites mères »  ou  pleines d’espérance  comme dans « Demain tu reviens ». Mais au-delà des chansons douces elle nous propose des textes plus vifs évoquant la passion dans « Une belle  journée s’annonce ». Tout en s’inspirant des choses de la vie, elle concocte ses chansons comme autant de petites scènes, de l’enfant qui grandit  dans « Cultiver la vie »  à  « Traître le temps » où elle évoque avec d‘avantage de maturité l’œuvre du temps.  Avec grâce elle nous confie ses mots, des mots portés par toute l’équipe des musiciens : Serge Fontaine, Alexandre Lussot, Jean-Sebastien Bressy  et le  groupe Tram des Balkans.

 Il ne nous reste qu’à souhaiter que Christine Ruffin s’éloigne un peu de son Ardèche natale  et qu’elle vienne  découvrir également des scènes dans nos belles régions au nord de Lyon ! A l’approche des fêtes de fin d’année voici une idée de cadeau, un disque à offrir ou à s’offrir, en tout cas à ne pas laisser passer.

Christine Ruffin – La fille du vent
Contact : christineruffin@wanadoo.fr
Tel : 06.84.04.82.99.

Brigitte Fourquet

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Benoît Dorémus  -  Pas en parler 

Benoît Dorémus :  Pas en parlerBenoît Dorémus… Un prénom de pape et un nom de gamme en latin, ça surprend. Et quand on se l’écoute pour la première fois, ça surprend encore plus. Genre grosse baffe, si vous voyez ce que je veux dire. Révélation, comme on dit. Et au lieu d’expliquer en faisant le malin le pourquoi de la chose, disons que ce qu’il dit, c’est ce qu’on ressent et c’est ce qu’on se dit en l’écoutant : « Ce que j’écris ça regarde que moi / J’aime trop les tâches que ça laisse sur les doigts / Ce que je chante, que personne y touche / J’aime trop le goût que ça laisse dans la bouche / Les mots qui sortent, les mots qui rentrent / J’aime trop la douleur que ça laisse dans le ventre / Mon style, pour pas qu’on me le fauche / J’écris faux, je chante de la main gauche ! » Tout est dit, fermez les bans, laissez lui la parole. Ce jeunot est un amoureux des mots, de la langue, de la chanson, de la vie. Il a ses révoltes, ses coups de gueule, sa conscience et sa vision. Tout ça bien à lui.

Mais je vous vois venir avec vos « On croirait du Renaud », « C’est un peu rap, il est fan d’Eminem » ! Exact, et le gars ne s’en cache pas, mais c’est autre chose que les deux autres. On n’est ce qu’on a été et ce mec-là a croisé les deux autres, comme certains en ont croisé d’autres sur leur chemin. Et, lui, c’est du Dorémus et basta ! Et toutes vos grosses remarques, il les connaît : « Et je suis déjà au courant que j’ai des influences / Et je suis certain que vous saisissez la nuance / Moi je ne suis nulle part dans l’ordre alphabétique / Quoi, c’est le troisième refrain, et faut encore que j’explique ! » Bref, faut pas le chercher, le gamin. Il sait ce qu’il veut et sait où il va…

On ne lui fera pas dire ce qu’il ne veut pas dire, ni chanter ce qu’il ne veut pas chanter. « Y a des choses dont je veux pas parler / Mais je préfère pas en parler » . Bon, c’est vu !

Je n’y connais rien, moi, en chanson, en prévision de carrière, je n’ai pas le pouvoir de décider du jour au lendemain que celle qui chante au coin de la rue est une grande, d’un coup de baguette médiatique. Mais, bon sang, qu’est-ce que j’aimerais que ce Benoît Dorémus grandisse, grandisse et grandisse encore ! Ras le bol des posters des trois grands qu’on voit partout. Place à la nouvelle génération, pas à la sienne qui le fait gerber, mais à celle de ceux qui continuent la chanson en la rénovant, en la décapant, en la réinventant, en poursuivant le chemin des chansons de vie et d’amour… et le gars Benoît est de ceux-là ! « Seul à seul avec moi / J’ai un stylo au bout des doigts / J’écris et je voudrais / Que ça s’arrête jamais ». Alors, continue, on attend la suite !

http://www.benoitdoremus.com/

 

Christian Lassalle

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François Gaillard - Chanson au poing

François Gaillard : Chanson au poingLe Gaillard nouveau, première écoute. Face à moi, le dernier Gaillard, auteur de chansons d’auteur, texteur de chansons à texte, trentenaire rebelle aux trentenaires ! En face, donc, moi, amateur de chansons d’auteur, de compositeur, de musicien et d’interprète, ignare en matière de chansons sans texte et quinquagénaire ! A nous deux, mon gaillard (facile, je sais…).

Et c’est parti. Je ne sais pas écouter la chanson religieusement, en prenant des notes, en me recueillant. Donc je vaque à d’autres occupations et… je mets le Gaillard à fond. C’est dire que ce qui me vient d’abord, ce n’est pas le texte, c’est la chanson, le « tout » qui me vient d’un coup ou qui ne me vient pas. Et là, ça me vient. C’est même enjoué, rythmé, entraînant comme une chanson populaire et ça me donne du cœur à l’ouvrage. Je bricole, bastonne et tape avec la java du père François qui me pousse au cul et c’est plutôt sympa.

Je n’en perçois pas toutes les finesses de l’écriture, ni toutes les subtilités de la double-croche, encore moins tout le temps passé à savoir comment… Et je m’en fous. Ce qui compte, c’est le produit fini. Et là, c’est torché. Les instruments à vent me soufflent dans les bronches, le « poing » en avant, ouvert plus que fermé, pour offrir, pas pour frapper. Le « rag à Murphy » avec tous les p’tits tracas du quotidien me fait lâcher mon tournevis. « La gamine » m’arrache une larme en même temps qu’un clou. « Les drapeaux » flottent au vent, sans prendre le temps de savoir si la lutte est juste. Le « hérisson » et le ministre « à la frontière »prennent un coup de masse au passage, en traversant « la rue de mes 5 ans » ou de mes 15, je ne sais plus. Et puis y a quelques moments bal à papa, avec la java, la polka ou la mazurka, je ne sais pas, mais ça y va, « nez sur la flèche » dans la « rue de la charité » ! C’est musiqué comme il faut et ça balance comme j’aime… Au passage, je retiens dans les mots d’auteur le passage à « l’âge d’hiver » sur une belle musique venue du Brésil : bien vu, belle chanson !

J’arrive à la dernière… sans la voir arriver, « la valise » est pleine de souvenirs des jours anciens et à venir et j’éjecte l’album ! Du bon boulot, je range mes outils et l’album dans sa pochette : il va m’accompagner pendant des semaines, au gré de mes promenades sur les routes de mon coin de France. Je vais en aimer certaines plus que d’autres, je vais en zapper peut-être quelques-unes, je vais m’émerveiller à certains passages, je vais en découvrir des que j’avais pas vues tout de suite, peut-être je vais en trouver d’autres un peu trop ou un peu pas assez. Mais l’essentiel, pour moi, simple amateur de chansons, c’est que je vais aimer l’écouter encore, le dernier Gaillard !

http://fleur2mo.club.fr/Francois/index.html

 

Christian Lassalle

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Virginie & Dominique - Chansons Z'Animées

Virginie & Dominique : Chansons z'AniméesC’est le genre d’album qui nous prend par l’oreille et dont on sait que c’est pas demain la veille qu’il va nous lâcher, tant c’est riche. C'est aussi bien sûr très beau et - si le mot n'avait pas été galvaudé par des gens qui étiquettent sans vergogne - je dirais que c'est très « varié » ! C'est de la chanson à musique, comme devrait l’être toujours la chanson. A se demander qui a inventé cette notion de "chanson à texte" et pourquoi ! Virginie et Dominique & Cie ne laissent jamais à l'auditeur le temps de ronronner, de prendre une petite habitude peinarde. Quand on attend la voix de l'un ou de l'autre, c'est un instrument qui surgit ou celle d’un autre qu’on n’attendait pas là. Quand on se prépare à un moment de musique "sérieuse", c'est un tango ou un vieux rock qui débarque. La musique est bonne, comme disait l'autre... Mais d'où sortent tous ces instruments ? J'ai l'impression d'en entendre des centaines. Combien ? Leurs noms ? Qui en joue ? Qui fait quoi ? Qui gratte, souffle ou tape sur quoi ?

D’abord, il y a lui, Dominique Zinderstein , c’est lui qui chante et gratte la guitare, c’est lui qui torche la plupart des textes, avec l’aide occasionnelle de petits jeunots comme ce Victor pour La Source ou ce Théophile pour Carmen. Et puis, il y a elle, Virginie Schelcher, la chérie de l’autre, qui joue comme une déesse les parties de hautbois et qui chante aussi mieux que la Castafiore. Ensuite, il y a Félix Labarre, un petit jeune assez virtuose sur son marimba, sa batterie et plein d'autres petites percussions dont on ignore les noms... et encore plein d’autres, des invités, pas des manchots. Enfin, pour les arrangements, celui qui s’y colle, c’est Jean-Louis Frick , le gars qui a dessiné la pochette et dont la contrebasse est passée par le jazz swing.

Alors pas étonnant que tout ça bouge, saute et virevolte comme dans des Chansons z’Animées ! Ça bondit tout le temps, ça passe de la femme du boucher qu’il ne faut pas toucher à cette Carmen emprunté à Gautier Théophile. Ça rocke et ça égratigne avec la mauvaise langue de Gertrude ou la Cigogne à la recherche de politiciens honnêtes. et ça finit dans un Silence qui rime avec balance. Tous ces personnages z’animés gesticulent, comme cet horticulteur dans ses pensées sans arrière-pensée, cet Agent con plus que méchant, cette Vieille dame cacophonique qui s’amourache d’un chef d’orchestre et même Le Fantôme fait bien marrer toute la maisonnée en dansant sa java… Et, au milieu de tous ces fous chantants, un bouquet de Fleurs, un mélancolique Faux départ ou cette Genève, toute belle, toute enamourée, toute pleine de tendresse, c’est assurément une très belle et très grande chanson d'amour... et qui finit bien, en plus ! Et même quand l’amour est mort, ce n’est même pas tragique, ça swingue encore. Et il renaît à La Source du père Hugo avec Gilles Roucaute en guest-star.

Et la cerise sur le gâteau, c’est que ces chansons à musique n’empêchent pas les beaux textes, pas cons, gentiment drôles, où les griffes sortent parfois, mais se rétractilent aussitôt avec humour... Ce qui est magique chez ces gens-là, c'est qu’ils vous mettent en musique les grands poètes, mais vraiment en musique, pas en chanson z’à texte... et jamais ça ne sent l’exercice de poésie musiquée par devoir, ça devient toujours de la chanson.

Et tout ça donne un album qu’on se met en boucle et dont on découvre à chaque nouvelle écoute une partie inédite, parce que bien cachée aux oreilles superficielles. C’est de la belle chanson qui se prend pour de l’art majeur, c’est osé… et c’est une façon de donner au populaire une tranche de l’art qu’il mérite. Et des ces chansons z’animées, Brassens, partisan de l’art populaire, aurait dit, c’est sûr, qu’il n’y a rien à jeter !

www.leventenpoupe.net

 

Christian Lassalle

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Fred Merpol - En attendant la lune

Fred Merpol - En attendant la luneTout d'abord, il y a cette voix, surprenante, inattendue et agréable, par sa hauteur et sa douceur parfois, mais pas seulement... Elle sait aussi se montrer vive et alerte quand il faut. Et puis ce violoncelle omniprésent et qui donne au tout une belle couleur grave, joli complément complice de la voix. Les musiques sont jolies, émouvantes et délicates, un peu comme d'une autre époque. Je crois que c'est le mot "délicatesse" qui colle le mieux à tout ce que j'entends en écoutant cette lune.

Je ne sais pas si c'est la musique ou le propos qui m'emporte, mais le saule pleureur m'interpelle, après la mite ou l'araignée, plus difficiles à appréhender aux premières écoutes. Magnifique mélodie que celle de ce saule qu'on a envie de voir sourire et pas pleurer ! Et puis la marée m'entraîne, sandales en plastique à la main ou pas, et ces rythmes donnent à cet album une allure différente. Une autre facette se laisse découvrir, avec toujours cette même délicatesse, mais aussi cette vigueur pas toujours retenue. Au Dandy, mais plus encore au Robinson serveur au Grand Café ou au balayeur toréador ou surtout à ce gardien de cimetière, à tous ces portraits pleins d'humour et de tendresse, à tous ces gens qui bougent et vivent, va ma préférence. Les derniers mots d'amour me laissent un peu sur ma faim et mon envie d'autres rencontres, mais c'est dicté par les sentiments, alors on est indulgent ! 

Mais une chose est acquise : toutes ces chansons méritent qu'on fasse le détour par ce quartier de lune et qu'on s'y attarde !

 http://fred.merpol.free.fr

Christian Lassalle

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L’Arc-en-ciel des hommes - de Serge Utgé-Royo

 

L’Arc-en-ciel des hommes - de Serge Utgé-RoyoL’Arc-en-ciel des hommes est un conte. C’est curieux d’écrire un conte aujourd’hui. Même si le conte est un style littéraire à part entière. Qui écrit encore des contes ? Qui écoute encore des contes ? les enfants ? ces petits rivés aux manettes de leurs consoles ? j’ai des doutes !  Les adultes ? Quand avez-vous écouté un conte pour la dernière fois ? Pour ma part, je suis incapable de m’en souvenir, ça doit faire quelques années, mais j’ai très envie de renouer avec ce style d’expression et comme d’habitude, la curiosité l’emporte.

A première vue, il s’agit d’un conte animalier qui évoque la Création  et en raconte les étapes. Récits et chants mêlés, on y découvre un univers dans lequel cohabitent des d’animaux de toutes sortes. Ces animaux bâtisseurs réalisent un grand nid, un nid collectif. Mais ce nid a peine conçu est détruit par les flots. Alors, rassemblés dans l’épreuve, forts de leur solidarité, c’est unis que ces animaux créent un géant d’argile. Bien sur, il s’agit ici d’un géant magique, qui s’anime et qui marche. Un géant nommé Masupa, qui a son tour crée un autre personnage, un double, un frère. L’opération se renouvelle ainsi à l’infini, dans d’autres lieux, donnant bientôt naissance aux hommes et aux femmes. Alors, la Terre se peuple, chaque continent voit apparaître des individus de différentes couleurs. Tous ces hommes différents , rassemblés, créent  l’arc-en-ciel des hommes . « Aucune couleur n’est belle toute seule dans l’immensité du vide… le brun n’existe pas sans les autres couleurs, le blanc non plus. Pour que chacune existe, il lui faut toutes les autres »

Bien sûr, sous la métaphore, c’est de diversité dont il est question. Cette diversité qui nous enrichit et que nous tentons de favoriser dans nos gestes quotidiens. En fait si ce conte est aussi accessible aux enfants, par les différents niveaux de lecture qu’il propose ; je pense qu’il s’adresse avant tout aux grands enfants que nous sommes, porteurs d’espoir et de fraternité.

http://www.utgeroyo.com

Brigitte Fourquet

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Les Secrets de Diego : Live

Les Secrets de Diego : live

D’abord, une chose : je considère que cet album, c'est du rock, pas de la "chanson française"... et c'est loin d'être un reproche ! Et ce qui m'importe, une fois cette précision faite, c'est la musique, la voix et je place en retrait les paroles. Même si j'affectionne les textes qui rentrent dedans sur des musiques qui rentrent dedans ! J'ai toujours été plus sensible au rock des Doors qu'à la "poésie" posthume de Jim Morrison.

J'attends donc du rythme, des belles guitares, de la batterie et de la basse qui font boum-boum et plus et aussi... un chanteur qui se mouille la chemise et se "casse la voix" ou presque !

 Bon, les morceaux : « La Nuit est A Nous » : jolie intro, en douceur, pour "introduire", « Hammam » : c'est propre, c'est beau, c’est bien, « Analphabète » : bel exercice de style au niveau de l'écriture, une intro à la Take a Walk on the Wild Side de Lou Reed, un morceau qui "danse" bien, « Le Vieil Amour » : la voix y est très bien à son aise, on sent tout au long de la chanson une putain d'envie d'explosion, le guitariste prêt à s'envoler, le batteur à taper fort... et on aimerait que ça démarre à la fin, avec des guitares rugissantes et des coups de gueule, mais cette éjaculation attendue et espérée ne vient pas, un morceau qui, sur scène doit foutre le feu, « Jalousie » : une reprise qui ne me prend pas, « Oh Dis-moi » : oh la la la, une bien belle chanson, la belle chanson douce du milieu du concert, un peu lascive, celle qui reste dans la tête et qu'on chantonne, avec scie musicale et accordéon, bravo, « Je voudrais » : beau rythme dansant, la danse de ventre n'est pas loin et la folie nous gagne, comme elle gagne le public, encore bravo, « La Maison de Rêve » : un beau piano-voix comme dans un p'tit lieu, la voix est belle, c'est doux, un moment de calme et de tendresse après la fièvre de la précédente, « Il est tard » : beau jeu de guitare, beau refrain et puis ça décolle, comme on l'espère, le schéma tactique est bien en place et ça pulse bien, « Approche-toi » : jolie présence de l'accordéon, juste pour prouver que cet instrument a sa place partout, ma préférée, mais j'aurais aimé une fin plus folle, avec un batteur fou, un guitariste faisant le grand écart et un chanteur en lutte avec son câble de micro, « J' t'emmène » : les deux dernières minutes qui se lâchent, du bon rock, « Pardon » : pardon, mais j'aime pas, le pardon répétitif me gonfle ou c'est du second degré ?

Conclusion : je trouve que tout ça fait un bel album de rock français, j'aime et c'est à écouter avec un volume bien fort. This record should be played loud, c’était écrit sur un vieux 33 tours des Stones !

La pochette : le plus souvent je m’en fous, je demande pardon pour ça, mais je trouve toujours très chouette de pouvoir avoir sous la main les paroles des chansons et c'est une chose qui se perd...

Enfin on ne dit jamais tout et c’est le genre d’album sur lequel on peut trouver, après de multiples écoutes, des trucs pas captés encore !

http://lessecretsdediego.com/

Christian Lassalle

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Un Tondu, un Chevelu : Sur la Corde

Un Tondu, un Chevelu, c’est un groupe distribué nulle part, deux guitares qui swinguent et qui pompent façon old Georg’, une voix, chouette et chaude, un peu à la Pascal Garry, une contrebasse qui fait boum boum en souvenir du père Nicolas. Ces gars-là ont réussi à faire à la mode Brassens une musique qui leur est propre, des petites chansons qui ne parlent pas de rien, dont les refrains restent en tête… Leurs textes, sans être prises de tête, n’en sont pas pour autant légers ou futiles. Et puis ils sont longs, ça coule facile et, sur des musiques qui balancent, ça parle de leurs colères, de leurs coups de gueule. Dans Les salons bleus  le matraquage de la morne lucarne qui accentue la peur, distille les pensées comme il faut et prépare la société de demain au triomphe du CAC et de ses quarante voleurs. Et quand ils choisissent d’Aller Cracher, les filles de joie et leur complainte sont au coin de la rue. Les Yeux sont ceux qui observent et épient, qui mettent la liberté à la merci des machines trop bien contrôlées. Sur un pas de Java, le Drame Moderne n’a plus rien à voir avec l’Assassinat de Brassens, ça monte direct dans les paradis artificiels, sans amour. Et la trop belle mélodie de Vivre avec des morts ne parvient pas à cacher l’angoisse de ne pas marcher dans les clous. Les larmes blanches qui finissent encorde blanche, L’enterrement qui rappelle ceux d’antan de tonton Georges et le très long Johnny la Nuit qui conte l’histoire d’un soldat d’une guerre qui cacha son nom… et qui, pour diverses raisons, ne passera jamais à la radio…

Et, au milieu de tout ça, le Printemps de Gaston Couté. Personne n’a jamais pu démontrer que Brassens avait été influencé par Couté, le contraire étant impossible. Mais eux, le tondu et le chevelu, d’un coup, d’un seul, avec une chanson, démontre que Brassens aurait pu chanter Couté !

untonduunchevelu@no-log.org

Christian Lassalle

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Réo : T’Réo

Réo : T’RéoCet album est tout d’abord extraordinaire, tout simplement parce qu’il sort de l’ordinaire. Réo est, à ma petite connaissance, le seul chanteur à composer et à s’accompagner avec, comme presque seul instrument, la basse ! Bien sûr, sa basse est tantôt à 4 cordes, tantôt à 5, voire contre-, mais quand même… Et autant la guitare de Réo peut être basse, autant sa voix est capable de monter haut !

Sa façon de jouer me rappelle celle de Marcus Miller, l’ancien bassiste de Miles Davis, mais avec l’avantage d’avoir mis des mots sur cette musique et de chanter. Avec une voix parfois canaille à la Mouloudji, souvent aérienne à la Gérard Manset.

Oui, Manset et Miller, vous mélangez le tout et vous avez Réo ! Écoutez le magnifique Elle, c’est ce qu’il y a de mieux à faire... Ou la belle histoire d’Il était une fois ! Terre d’Irlande de laquelle la « ballade Irlandaise », composée par Didier Lockwood et chantée par Nougaro, n’est pas très éloignée ! Et toujours cette basse, sur le devant de la scène, avec ses sons mystérieux… Mais tout ça, C’est un sentiment.

http://reo.free.fr

Christian Lassalle

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Batlik : Juste à côté

Batlik : Juste à côtéBatlik ! Un nom à retenir. 

Une façon à part de marteler la guitare, de taper sur les cordes, de tirer dessus, comme pour les arracher ou leur arracher les tripes. Une façon unique de détacher les syllabes, d’égrener les mots, de les râper sans rapper, de les chanter sans les ménager. Une voix qui sautille sur les mots, qui trébuche sur les rimes, qui franchit les obstacles de la langue, mais qui rebondit de plus belle et n’est pas sans rappeler un certain Mano Solo.

Batlik, c’est aussi une basse, un cornet, une clarinette et autres samples, toute une batterie de cuisine qui lie la sauce Batlik, qui la rend aigre douce, amère et sucrée, qui fait du gars Batlik  un cas unique. Et à tous ces fourneaux, pour que ça chauffe, sans que ça crame, Jean-Marc Pelatan.

Batlik, c’est un univers de banlieue, c’est Ivry, c’est juste à côté de Paris, le bruit et son silence. Batlik, c’est aussi l’amour de Léa, qui n’existe pas, mais qui finit en chanson, à peine un petit problème dans la distribution des rôles. C’est aussi cette petite gangrène qui débute en rancune et finit pas loin de la haine, la beauté de l’enfant de salaud qui s’est fait dans le dos.

Batlik, c’est les gens, les événements, l’amour à refourguer, à donner, à prendre ou à acheter à Manille et ailleurs, de l’amour qui ne tient à rien, même pas à l’élastique du slip. Batlik, , c’est le p’tit bout de ficelle qui pend et pense à l’intérieur que la justice à toujours raison. C’est, dans un dernier cri, au hasard des chansons, la présence ou l’absence du père. C’est aussi des coups de pattes de chien, le hurlement du coyote qui tombe et retombe, qui se casse les dents devant le nouveau producteur de disques qui ne prend plus aucun risque et impose sa loi véreuse du marché.

Batlik, c’est une écriture qui dégouline le long des mots, sans rime de bon aloi ni système métrique, ni alexandrins, ni octosyllabes, sans compter sur ses doigts, c’est la musique, les mots et la voix qui se débrouillent, qui s’adaptent, qui s’unissent, sans a priori ni stratégie rythmique... et ça coule de source !

Batlik ! B-a-t-l-i-k ! Souviens-toi ou pas : on n’en entendra parler, on l’entendra chanter… et arrête-toi si tu veux, lui, Batlik, il s’en fout, il avance !

www.batlik.com

 

Christian Lassalle

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Jean-Pierre Réginal : En concert

Jean-Pierre Réginal : En concertJean-Pierre Réginal, c’est, à ce qu’on dit, un gars de chez nous, un Rémois qui s’en est allé ailleurs, un ancien élève du Conservatoire de Reims et un auteur compositeur interprète.

Réginal, sur scène, un duo piano voix : une voix un peu rauque, qui sait se faire forte, qui racle, qui dit qu’elle a vécu, qui rappelle les petits lieux enfumés dans la nuit, et un piano derrière lequel Jean-Pierre Réginal officie et s’accompagne.

Sur cet album, Jean-Pierre Réginal en concert a été enregistré à la Radio Sarroise, histoire de rappeler que les allemands francophones sont friands de ce qu’ils appellent la « Chanson » et que certains chez nous appellent de la chanson d’auteur ou à texte…

Réginal est un artiste, artisan ou facteur de bonne chanson française, classique, de celle qui raconte des histoires, qui bichonne ses refrains et choisit ses mots, celle qui se faufile dans nos mémoires et s’y planque pour un bout de temps, celle qui rime et qui tricote des octosyllabes et des alexandrins. Ses chansons parlent du temps qui « passe, passe » souvent « comme un voleur », de la vie qui naît, puis qui s’échappe. Elles racontent les petites vies de gens sans importance, mais importants pour l’observateur qui croque toutes ces Alice, ces Dubois et Dupuis…

Et, puis, à la fin, après avoir salué, « les mots s’en vont », les spectateurs sarrois repartent enthousiastes sur un pas de « Tango révolutionnaire » , avec, en tête, une « image éclatée » et, pour ceux qui n’y étaient pas, reste l’enregistrement de la soirée. Une belle « diablerie » !

www.jpreginal.com

 

Christian Lassalle

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Chtriky : Chtriky

ChtrikyTa, ta ta ta ta ta ! Il est huit heures, le journal… 

C'est le genre d'album, tu le mets dans le lecteur, tu en entends deux sons et trois mots et t'appelles tout le monde. Tout de suite, tu comprends que c'est quelque chose de rare, de très chouette que tu te prépares à découvrir. Dès les premières notes de la première plage de ce premier album, t'arrêtes tout et t'écoutes...

L'histoire de ce père looser (en deux mots, précise l'auteur) qui rate l'école à cause de la radio et des infos, mais c'est notre vie version rigolote, avec le stress mis en musique ! La voix est bien placée, juste un peu devant la musique, pas trop trop, ni trop peu, juste assez pour qu'on n'en perde pas une miette, c'est celle d'Hervé Peyrard, c'est aussi ses mots et sa musique.

La musique est pile-poil derrière, qui pousse au train les mots. Et quelle musique ! Quels musiciens ! A la guitare, un extra-terrestre, paraît qu'il fait ses guitares lui-même quand il lui faut des nouveaux sons, déjà une légende du rock, il assure comme une bête et il joue comme un dieu, il pourrait en faire des tonnes, mais il en fait juste ce qu'il faut pour que ce soit comme il faut, même un peu plus, mais jamais trop, il s'appelle Sylvain Hartwick, un nom de là-bas.

Aux trucs qui font du rythme, discret et efficace, avec des ustensiles qu'il a lui-même adaptés à ses besoins pour pas en faire trop, mais un peu plus que juste assez, un peu lunaire, un peu ailleurs, mais terriblement présent comme un pilote de course sur une route départementale, Ludovic Chamblas... et ça tricote et ça gigote des baguettes et de tout ce qui lui tombe sous la main !

A la grosse basse, pour remorquer tout ça, pour débroussailler devant, pour pousser dans les côtes, c'est un pote à eux, qui est venu pour la bonne cause et qui devrait rester pour de bon, Laurent Chieze.

A peine l'histoire d'école ratée finie, c'est une espèce de rock java qui démarre, façon nouvelle chanson française réaliste bistrot gros rouge, une chanson pas inédite, car déjà reprise par Entre Deux Caisses. Ouah, ça bouge ! Et aussi sec, une poignée de notes qui tournent en rond, sur un rythme sud-américain, espéranto en guise d'espagnol, façon Manu Chao en solo, ça vous embarque encore ailleurs... Jusqu'où ? Plus loin, l'intro monstrueuse à la guitare du même nom t'emmène dans les champs de misère et c'est l'histoire de ces femmes de plein vent qui se rebellent, un homme qui parle si bien de la lutte des femmes, c'est rare et ça méritait bien un tel traitement ! Ludovic martèle les rimes avec toujours la même efficacité discrète et Sylvain sculpte ses notes autour des mots... et quand on pense qu'il va pas résister, qu'il va lancer son gros solo, non, il poursuit tout en finesse, presque délicat, priorité à la chanson... pour vous et après vous, mesdames. Et ainsi de suite, jusqu'à la fin, plein d'humanité, d'humour et de rock tendre. Une jolie reprise, un bel hommage à Roger Riffard et à sa p'tite maison nid d'oisiveté mal récompensée... et, le nez dans les racines, le père Roger se fend les binocles en regardant passer le train du Chtriky, j'en suis sûr ! Et les autres qu'on découvre et redécouvre, dont on ne se lasse pas...

C'est beau, les beaux mots sur des belles musiques avec de beaux musiciens. Et cet album, ce premier, c'est déjà quelque chose. J'en ai pris six d'un coup pour bien vérifier qu'ils étaient tous pareils, voir si y avait pas un titre caché ou une face B pirate, pour être sûr de les avoir avant qu'ils ne soient rares ou épuisés. Car, quand ces gars-là seront des stars et que vous chercherez leur Number One, moi, j'en aurai encore en stock ! En attendant…

 je vous rappelle que c’est la merde, bonne journée !

www.chtriky.com/

 

Christian Lassalle

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K : L'arbre rouge

K : L'arbre rougeAprès le « Lézard bleu » à Lausanne où il se produit en 2003 avec son groupe So7sTe, Nicolas Michel rebaptisé K par son jeune neveu, décide en 2004 de se lancer en solo ! Là tout va très vite … il bosse en studio, produit 2 CD 3 titres, puis début 2005 il enregistre « L’arbre rouge » qui arrive dans les bacs des disquaires suisses dès septembre. Ce fut un engouement immédiat et K reçut successivement le « Bravo des professionnels du festival Alors Chante ! de Montauban » et le «Coup de cœur de l’académie Charles Cros » !

Il fonce, il a des idées plein la tête et quand un journaliste lausannois lui demande pourquoi il a choisi «L’arbre rouge » pour titre de son album, il répond simplement que dans le jardin familial entre les grands arbres verts, il y avait un petit arbre rouge, seul et différent qui résistait !

Son écriture est vive… il brosse des portraits tendres et cocasses, il dépeint la société, les gros bonnets et les petites gens, « la  petite Léonine » qui trime pour 4 sous à la caisse de sa supérette, et puis il y a les marchés, le soleil, la musique, le violon, la farandole, ce manège qui tourne, qui me fait tourner la tête… puis « Zazie » qui grandit, qui est belle, qui rêve et qui vit…

Musicalement Nicolas Michel a fait le choix de travailler avec de nombreux musiciens, au-delà de la guitare, des claviers et des percus, il a ajouté un accordéon, un saxo, un violon et un violoncelle qui donnent une véritable couleur à ce disque qui comporte des styles musicaux très variés (country, reggae, rock et salsa).

Du soleil à l’ombre, à l’ombre de nos larmes, j’écoute et je réécoute « La cendre », cette chanson m’émeut terriblement « Certains meurent sur le corps essoufflé, dans les bras déchirés de leur maman / Certains meurent d’être allés s ‘éclater contre les vitres des cités en gueulant « Dieu est grand » / Certains meurent sans se donner le temps d’arrêter un instant leur vie conditionnée, certains se croient des cendres … »

Après l’émotion, un brin d’humour dans « T’es beau » où K décrit les priorités d’un homme d’affaires très affairé, d’un grand manitou de la mondialisation, qui fait miroiter les thunes, les belles villas… qui investit tous azimuts… puis K se joue de la maréchaussée dans « Le flicard » où il donne la parole à un pauvre flic « J’en ai marre de contenir les manifestants, de me faire bombarder de pétards tu crois que c’est marrant petit anar ? moi j’voudrais passer la barrière, vivre de l’autre côté, troquer mon revolver contre un peu de soleil, j’en ai marre, je me barre… »

Ces textes sont très différents les uns des autres, non seulement dans le choix des sujets mais également dans la forme même de l’écriture, et cette diversité confère à l’album une couleur particulière, un je-ne-sais-quoi qui me plait toujours plus à chaque fois. Et puis comme j’aime partager avec vous, je voulais conclure en vous disant que cet été durant vos vacances, vous pourrez retrouver K le 8 juillet 2006 au Théâtre de la Ville de Valence.

Disques Office – Suisa Lausanne – Réf 65568

www.sitedek.ch/

Brigitte Fourquet

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Hervé Lapalud : Invendable

Hervé Lapalud : InvendableA Reims Oreille, on s’en doutait et on l’attendait, on savait bien qu’il serait bien, mais on savait pas combien ! Et puis il est venu, on l’a vu, on l’a écoutu et on a tout de suite su…

On y retrouve tout ce qu’on avait découvert sur scène : même générosité, même légèreté, même plaisir à partager, même envie de croquer la vie et les notes. Et tout ça sur des musiques du monde, de la vallée du Rhône à Ouagadougou résonnent reggae, rock, accordéon, violons tziganes… et même des guitares hawaïennes.

Un album où l’amitié et la musique ont réuni musiciens et amis pour le meilleur, c’est tout simple. Et pour coordonner le tout, pour réunir l’ensemble, aux commandes sans donner d’ordre, Hervé Lapalud, profession « Facteur de Chansons et Souffleur de vers », un cumulard.

Il fait des chansons, parce que c’est moins fatigant que le sport, parce que c’est pas trop dur et payé pareil que les symphonies, mais moins long, aussi pour que ses mômes soient fiers de lui.

Il fait le tour de l’horizon sur les chemins des vagabonds, il voyage nu et sans frontière, il ne sait pas à qui il doit d’avoir du vent entre les doigts et de voir le droit à l’envers, mais quand sa voix soudain s’envole, alors il s’enivre sans alcool et il oublie sa misère. Et chaque soir, dans une autre maison, il vient jouer quelques chansons contre le gîte et le couvert… Et oui !

Tu peux venir quand tu veux, Souffleur de vers, chez nous, c’est toujours ouvert… et apporte ta guitare !

http://hlapalud.free.fr/

Christian Lassalle

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Ma bonne Suzanne : Le ciel est un bandit

Ma bonne Suzanne : Le ciel est un banditSur cet album, comme sur un berceau, auraient pu se pencher trois rois mages au ramage coloré, tant on s’attend à les voir débarquer au coin de chaque refrain. Trois fées un peu bourrues, fortes en gueule, à la folie démesurée, trois sirènes toujours sur le point de s’embarquer, trois drôles d’oiseaux toujours prêts à s’envoler, trois parrains amateurs de nectar…

Ma bonne Suzanne, c’est la rencontre complice de deux coqs de Bresse, épris de liberté, élevés en plein air, gavés au bon grain, pas poussés à l’eau plate, dont les cocoricos se foutent du tapage nocturne, dont les chants appellent le grand large et les guitares résonnent aux quatre coins de l’horizon. Leurs musiques se sont promenées sur les traces des grands voyageurs, des campements manouches aux hôtels sordides d’Amérique du sud, des fleuves d’Asie au delta du blues, leurs chants parlent d’amour, d’amitié, de femmes, d’enfants, de balloches, de vin, de voiture à pédale et même du diable et leurs voix sans retenue ont suivi la route enchantée des fous chantants.

« Le vin, ça donne des idées ! / Ça remplit, ça repeint la bêtise ! / Ça porte loin l’aventurier ! / Ça rend meilleur, ça optimise / Seul’ment voilà, faut savoir boire / Paisiblement dans la maîtrise / Monter en degrés jusqu’au soir / Et puis ferrer la prise »

Ça pourrait être le présent des rois mages en question, mais c’est pas un texte de Dimey, pas non plus un échange d’un duo Gabin-Belmondo dans un bistrot de la côte normande. Non ! Ma bonne Suzanne, c’est pas du Blondin, c’est pas de l’Audiard, c’est deux mecs et deux guitares, Patrick Perret et Malhory Maret, paroles et musiques, et le verre de l’amitié à portée de main.

http://petrek.fr/

Christian Lassalle

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Raphael Callandreau : Raphou - Acte I

Raphou : Acte IRaphael Callandreau, le garçon est jeune et ambitieux : il se prépare à créer une œuvre en plusieurs volumes et nous propose ici, logiquement, son « Acte I » !

Raphaël est un grand escogriffe, à la barbichette diabolique, un dandy au costard impeccable, qui se démène derrière son piano à la manière, non cachée, du Jacques Higelin de l’époque champagne. Son moteur, en plus de son piano, c’est l’humour et l’autodérision.

Et c’est façon Au Bonheur des Dames qu’il nous narre ses avatars d’auto-colocataire, son Piège à Gonzesses rappelle forcément le joujou extra de Dutronc, même si le traitement est différent. Sa musique est joyeuse et les chœurs féminins style années 60 n’engendrent pas la mélancolie, le twist est à deux pas. En parfait germaniste, il s’amuse avec les rimes riches en –ich et pas en –isch, avec la prononciation adéquate, label Assimil ! Sa Paulette, sans être la reine des paupiettes, est vraiment chouette avec ses couettes. Son Dernier Fumeur a la toux rythmique… et son Métro Boulot Dodo, comme une machine programmée de Kraftwerk, écrase tout sur son passage.

Et quand il nous demande « Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? ». Rien, lui répond-on, à part Péter un plomb ou Dormir seul ou attendre Un quart d’heure, sans perdre cette pêche. Mais surtout, ne rien changer, continuer sur cette voie et… on attend l’Acte II !

http://www.raphou.net/ 

Christian Lassalle

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Gaspard LaNuit : Il était temps

Gaspard LaNuit : Il était tempsIt’s only rock’n’roll, but I like it, disait-on au siècle dernier. C’est ce qu’on se dit en écoutant le dernier album de Gaspard LaNuit. C’est y d’ l’amour / ou bien une chanson / J’ trouve pas la rime, / t’as pas d’refrain… mais c’est tout bon ! C’est ce que Gaspard se demande dans un de ses morceaux, parce que, quand on est dans le rock, on ne parle pas de chanson, mais de morceau.

Et des morceaux, ça ne se fait pas en catimini, ça ne swingue pas en tapinois, ça se joue avec des guitares électriques et qui le font savoir, celles de Fred Pallem, (qui réalise également l’album et signe la plupart des arrangements, chapeau !), une batterie qui tape sans complexe, celle d’Antoine Leymarie, une basse électrique pour faire bouger les corps, celle de Cédric Lesouquet, et un piano qu’on appelle dans ces cas-là synthé ou claviers, ceux de Boris Boublil comme Tony Banks dans le Genesis de la grande époque. La voix est un instrument comme les autres, les mots une partition de l’ensemble.

Le message à transmettre, il est quoi, il est où ? Il est pas clair ou y en a pas et on s’en fout. Ou alors c’est une forme de poésie qui me dépasse et je m’en fous. Puisque c’est la musique qui prend et retient. L’influence est jazz, pop, rock progressif, Tom Waits est toujours là, pas loin, mais aussi le père Neil Young traîne sa dégaine dans Amedea. Gaspard chante en français sur des musiques qui sont de nulle part et omniprésentes. Mention spéciale aux Couloirs du Métro, ma préférée du moment… sans oublier tout ce qu’on découvre à chaque écoute et qu’on va encore découvrir, les petits détails qui, mine de rien, rendent ces morceaux inépuisables.

« Il était temps » de Gaspard LaNuit, c’est de la musique interrompue ou escortée par des paroles en français, c’est pas de la chanson à texte, c’est de la musique avec des mots chantés, de la vraie chanson à musique. Il était temps et c’est très bien comme ça.

http://www.gaspardlanuit.com/

Christian Lassalle

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Gaëlle : … avec deux L

Gaëlle : ... avec deux L !Gaëlle avec deux L, comme Alain Lleprest ! C’est ce qu’elle annonce sur la pochette et qui se confirme à l’écoute. Et plus qu’une groupie du grand Allain, elle est surtout une belle auteuse de chansons, un peu comme si Agnès Bihl avait déjà fait des petites…

Le père Noël, c’est du pipeau, les mecs ne naissent pas dans des choux, Barbie en fait c’est un travelo et moi je suis pas Patachou : c’est pas du Bihl, c’est du Vignaux, Gaëlle, avec deux L et ça s’appelle A.N.P.E. (A Ne Pas Embaucher) !

Avec ses mots, elle nous raconte ses années lycée, ses épisodes boulot, ses séances chez le psy, ses craintes de vieillir, ses peurs de jeune maman. Elle signe presque tous les textes et pas mal de musiques (avec la complicité de Gaspard LaNuit sur six titres). A la guitare, Pierrick Durand, mais c’est pas tout…

Y a qu’à me saisir dans vos mains, me faire tourner, tirer un coup, et quand je ne sers plus à rien, y’a qu’à me jeter n’importe où, c’est toujours Gaëlle et ça s’appelle La complainte de l’essuie-tout.

Un joli brin de voix, fin, presque fluet, une grosse dose d’insolence et de lucidité, mais c’est pas tout…

Merci quand même de me montrer celle que j’ voudrais jamais dev’nir, c’est Madame et c’est toujours Gaëlle, mais c’est pas tout…

Il y a aussi, pour donner à ce tout un éclat encore plus tonique, pour lui donner son originalité, à côté la guitare de Pierrick, comme un écrin pour un bijou, l’archet d’Églantine Chaffin et de son violoncelle.

Cette fois, c’est tout et c’est pas mal du tout !

www.gaellevignaux.com/

Christian Lassalle

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Eric Toulis : Soyons bref !

Eric Toulis : Soyons bref !Après avoir bourlingué une dizaine d'années avec Hervé Koury et Didier Morel, Eric Toulis alors parolier et chanteur du groupe "Les escrocs" a pris la route en solo et a sorti un 1er album intitulé "Soyons bref !"

Quinze titres savoureux composent cet opus dans lequel ça balance sec ! Il dénonce pêle-mêle, la vie parisienne Dans les cocktails, les intermittents du spectacle profiteurs que sont Les musiciens ! , les producteurs dans Les p'tits riens , puis l'univers de la télé dans la chanson qui m'a permis de le découvrir La lucarne à blaireaux !

Mais ce Toulis n'est pas qu'un délateur, c'est aussi un tendre qui m'a fait fondre en écoutant La java du caniveau qui décrit avec humour et une pudeur infinie le parcours d'un frangin qui se retrouve à la rue (Ca s'est passé en moins de six mois /avant je vivais comme toi / maintenant je dors dans un caniveau / avec mes sacs et mon manteau / ma maison c'est un carton / mais je sais qu'un jour viendra / un jour le vase débordera / les pauvres on se réunira /en ayant marre d'être cocus / nous les exclus de la galette, on viendra reprendre notre dû / des millions de pauvres dans la rue ça peut vous foutre un beau chahut). La tendresse d'Eric Toulis se retrouve également dans trois petits portraits légers et magnifiques de justesse, que j'aime particulièrement. Celui du Célibataire où il nous amuse avec sa vie de garçon, puis le Petit coeur triste qui nous conte l'histoire d'un p'tit homme qui patauge, seul, ... et enfin dans une fabulette intitulée La princesse où il nous donne la recette du bonheur !! Ces portraits sont un véritable régal !! et puis comme un bonheur arrive rarement seul, depuis Soyons bref Eric Toulis a déjà produit un nouveau CD plus "jazzistique" qui s'intitule Soyons classe dont je vous parlerai dans le prochain numéro de Reims Oreille... à suivre donc !

www.toulis.com

Brigitte Fourquet

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Marc Servera : Vie road movie

Marc Servera : Vie road movie« C’est un mauvais rêve, un coup de théâtre, le rideau se lève, on sent son cœur battre, on voudrait n’être pas là, mais pas ailleurs… » ça s’appelle Entrer en scène, on s’y croirait et c’est la première chanson du dernier album de Marc Servera C’est chouette, non ? Comment mieux faire ressentir au public ce qu’il ne ressent pas ?

Les mots sont justes, la voix est forte, sure et belle, la musique est comme toujours impeccable. C’est beau, c’est bien fait, c’est presque parfait… Y en a quand même une paire qui sautent à l’oreille. Après l’Entrée en scène,  Vie road movie embarque sur la route de la vie comme dans un film américain, puis c’est Juste une allée pour les souvenirs et ne pas oublier. Puis le superbe Ali bouma yé  rythme la danse du magicien noir sur le ring de Kinshasa. Bouma yé Ali bouma yé, la ritournelle reste en tête dans la nuit africaine. Magnifique et vibrant hommage à Ray Charles avec le  Blues en braille, quand il braille un blues, un blues en braille . Sur scène, il enchaîne avec What I’d say ? On peut l’imaginer…

Ce dernier album est bien beau, y a pratiquement rien à jeter. Marc Servera pose ses questions et propose ses réponses. On peut ne pas être d’accord, mais on a le droit et presque le devoir de s’interroger. Il suit sa route comme au cinéma, sur les traces de Kerouac, en regardant autour de lui, la Simplicité des choses, les Belles journées. Il raconte ses rencontres, l’Artisan, même la Voyante, celui qui Peint des camions, cette femme qu’il et qui Prend du temps à aimer. Et tout ça pour finir par Partir au chant du monde.

Chez Marc Servera, comme chez d’autres, ça finit toujours par des chansons, les siennes sont fort belles, bien écrites, bien musiquées, bien chantées. Presque sans surprise… Et c’est vrai que ça serait amusant de l’entendre se lâcher, gueuler, rire, mordre, hurler ou marmonner dans sa barbe ! C’est pas son truc, pas sa mission, Marc raconte sa vie qui passe, son envie de la vivre à sa façon et son bonheur. C’est très bien comme ça… mais quand même Bouma yé Ali bouma yé !

http://marc.servera.free.fr/

Christian Lassalle

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Agnès Bihl : Merci maman, merci papaAgnès Bihl : Merci maman, merci papa

 

Plus j’écoute le CD d’Agnès Bihl, plus il me plait. C’est assez rare pour le dire. Il y a là une authenticité qui me touche vraiment. Cette jeune femme aux allures de gamine qui nous mijote des textes qui nous trouent le coeur, c’est quand même pas si fréquent !

Cet opus là est comme certains vins, … il laisse apparaître progressivement de nouveaux bouquets. La première fois on est happé par l’impertinence, l’énergie et les convictions d’Agnès Bihl, puis on découvre de nouvelles saveurs. J’écoute et je réécoute Madame, j’aime toute la nostalgie de ce texte : Bien sûr le bon vieux temps se froisse et retourne sa veste / bien sûr ce putain de temps qui passe et ce miroir qui reste dans ce miroir en panne, la fête est finie, il fait souvent trop tard Madame… Et pour poursuivre mon quart d’heure nostalgique, j’écoute Sac à vie et je cogite, quel tableau ! 8 ans de bonbons, c’est l’âge des sacs de trésors, sucettes et pétards, on saute dans les flaques, on court devant les corbillards / 16 ans de printemps, c’est l’âge des sacs de révoltes, de pétards, on veut éclabousser les flaques / 20 berges, c’est l’âge des sacs à dos, on monte la garde dans les flaques / 50 balais, c’est l’âge des sacs d’aspirateur, faut cotiser pour le corbillard / 80 piges, on était prince on d’vient principe, 80 piges, c’est l’âge des sacs de souvenirs, de regrets, quand la cane glisse dans une flaque, quand il est là, le corbillard. Mais Agnès Bihl met aussi plein feu sur la maternité ou sur l’adolescence et la nostalgie cède la place à l’humour, dans Baby boom : aux 12 coups de l’horloge biologique, j’ai eu envie d’un enfant d’moi / baby boom, c’est l’occasion qui fait l’lardon / de prises de tête en prise de poids tu t’emballes sur mes rondeurs / on cause layette c’est décapant, c’est la guéguerre des prénoms… Puis elle nous entraîne avec malice dans l’univers des adolescentes dans 13 ans .

Mais bien sur, il y a une autre Agnès Bihl, que j’apprécie particulièrement, celle qui dénonce la misère orchestrée avec Merci maman, merci papa rappelant l’horreur de ceux qui naissent loin des millions de gosses qui mangent de la viande… juste quand ils se mordent la langue / c’est comme ça, pas autrement, merci maman, merci papa / c’est en direct qu’on peut voir la suite de Nuit et Brouillard, c’est bien, c’est rien / la médecine fait des pas de géants, et le sida recule en bloc / seul’ment les poules auront des dents avec que l’Afrique ait des médocs / La saloperie se dépayse, pédophilie ou exotisme/ au moins ça rapporte des devises, sexuel ou pas c’est du tourisme / ce que je porte, moi c’est l’enfant de la colère. Cette colère n’est pas sans rappeler l’Agnès Bihl qui chantait L’enceinte vierge ou Le viol au vent ! Le temps passe et le révolte persiste et dans Je reviens Agnès dénonce encore les souffrances des femmes et des faibles : c’est pas bon d’être une femme…elles commencent à mourir le jour de leur naissance… quand on n’a plus de corps et plus de visage / et je reviens de tout, mais je reviens debout, le cœur en miettes et les yeux secs / j’ai mal à la terre, mais j’ai vu des bourrins devenir des bourreaux et partout des gens bien pire que des salopes / et des femmes voilées pour plaire à Dieu sans doute et les femmes violées sur le bord des routes / je reviens si tu veux, si tu peux encore tout inventer / s’il te reste l’audace d’inverser les rôles, s’il me reste une place sur ton épaule.Si cette faculté d’interpellation est forte chez Agnès Bihl, elle n’est jamais désespérante, au contraire, elle nous transmet là encore quelques notes d’espoir et d’amour ! 

Brigitte Fourquet

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Tiken Jah Fakoly : Coup de Gueule

Tiken Jah Fakoly : Coup de GueuleC’est du reggae, il s’appelle Tiken Jah Fakoly et il est noir, Ivoirien, avec des dreadlocks, et ça s’appelle Coup de gueule. C’est un militant, c’est de la chanson engagée, c’est son outil pour gueuler et se battre. Ça prend au reggae son sens révolutionnaire d’origine… et c’est d’une analyse impeccable, lucide, sans concession. En un mot et un seul, ça balance et ça balance, dans les deux sens du terme…

Si tu me laisses l'uranium, / Moi je te laisse l'aluminium / Si tu me laisses tes gisements, / Moi je t'aide à chasser les Talibans / Si tu me donnes beaucoup de blé, / Moi je fais la guerre à tes côtés / Si tu me laisses extraire ton or, / Moi je t'aide à mettre le général dehors (Plus rien ne m’étonne)

ou aussi :

Ça fait trop longtemps / Que tu nous fait perdre le temps / Depuis 40 ans, / Tu refuses de foutre le camps, / Tu pourrais avoir des emmerdes, / Si tu nous laisses dans la merde / Olala, olala (Quitte le pouvoir)

Je vous l’avais dit et, là-dessus, ça balance reggae…

http://www.tikenjah.net/ 

Christian Lassalle

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Thomas Sandoz : Allain Leprest « Je viens vous voir»

L’ouvrage de Thomas Sandoz retrace la vie d’Allain Leprest, de son enfance à Mont-Saint-Aignan près de Rouen à nos jours. Dans une habile chronologie, l’auteur croise le parcours d’Allain Leprest, sa vie, son quotidien, l’apprentissage du métier de chanteur avec ses exigences, ses souffrances et ses joies.

Cette biographie est une mine de renseignements. En effet, son auteur ne se contente pas de présenter les chansons, il les fouille, il les décortique. Il évoque par exemple, l’incidence de l’environnement familial et de l’enfance dans les textes d’Allain Leprest, dans des chansons comme J’étais un gamin laid, Bilou, Le copain de mon père ou encore dans Joséphine et Séraphin épiciers comme les parents du chanteur. De nombreux lieux comme le Cotentin, Rouen ou la Manche constituent des points phares dans les chansons d’Allain Leprest. La disparition d’un quartier populaire de Mont-Saint-Aignan lors de l’implantation de la fac de lettres a ainsi donné naissance à la belle Martainville. Allain Leprest trouve dans son cadre quotidien la source de son inspiration. Sa rencontre avec Sally Diallo qui allait devenir son égérie, sa compagne puis son épouse, la proche naissance de Fantine, leur vie vont être à l’origine de nombreuses chansons dont La femme du chanteur, T’attends quelqu’un ou La colère.

Thomas Sandoz souligne les nombreuses références artistiques et littéraires qui illuminent certaines chansons, ainsi que la particularité de la versification  « façon Leprest »  et une certaine recherche sémantique. Le détournement grammatical, l’art du néologisme, ne sont pas de vains mots, tant il est vrai qu’Allain Leprest s’approprie les mots, n’hésitant pas à les transformer. Ainsi découvre-t-on quelques néologismes comme l’enfrance, le tournecieux , les voix qui graphitisent.

Mais ce livre ne se limite pas à une étude de textes, il relate également le parcours de l’artiste, sa relation avec la scène, son public et plus largement avec le milieu artistique. Allain Leprest est l’homme du partage. Non seulement, il partage la scène avec d’autres artistes comme Romain Didier, mais il offre aussi ses chansons à de nombreux artistes qui vont porter sa parole comme Juliette Greco, Isabelle Aubret, Françoise Kucheida, Jehan ou encore Francesca Solleville. Les collaborations musicales sont nombreuses, les disques et les spectacles se succèdent. La presse salue très souvent le talent, mais le rejet du star-system parisien freine la carrière du Rouennais. Pourtant, les distinctions pleuvent avec le Grand prix de l’Académie Charles Cros, les palmes de Chevalier de l’Ordre du Mérite et le Grand prix national de la musique, mais la reconnaissance du « grand public » tarde à venir.

Le talent d’Allain Leprest n’est véritablement reconnu que par un public déjà acquis à une certaine chanson francophone qui évolue en marge du show-biz. Et c’est là toute la complexité de l’œuvre d’Allain Leprest admirablement bien restitué par l’ouvrage de Thomas Sandoz qui révèle avec beaucoup de finesse toute l’humanité de l’artiste.

(Editions Christian Pirot)

Brigitte Fourquet

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Eric Toulis : Soyons classe

Eric Toulis : Soyons classeEntouré de 3 musiciens de jazz que sont Brahim Haïouani à la contrebasse, Rémi Toulon au piano et Robby Ménière à la batterie

Eric Toulis, l’ex-chanteur du groupe Les Escrocs nous propose son second opus en solo. Un CD bien jazzy qui swingue chouette ! Des petits airs tout bêtes, comme il dit ! Eric Toulis nous entraîne à la rencontre des petits, des naïfs, des femmes, des personnages et des situations cocasses et pleines d’émotion.

Il nous propose sa vision de Paris, dans sa chanson La Tour Eiffel dont il révèle les mœurs légères de cette tour construite les 4 fers en l’air ! J’apprécie tout particulièrement l’humour et la tendresse avec lesquels il brosse ses portraits. Tout d’abord, il nous régale avec sa Poule aux bijoux, l’histoire d’une nana de Saint Trop’ qui plume un gogo, un pauvre buveur de Kro’ : les poules à carte bleue, faut s’en méfier, l’été c’est la saison de la chasse aux pigeons… mes éconocroques je les ai laissées dans ton paddock…, j’ai cassé mon cochon pour tes supers nichons. Après les croqueuses, le titre que je préfère, Les poches :  le long des rues de leur quartier tenant à peine sur leurs cannes… les poches… elles enrichissent bistrotiers… qui les traitent de sac à vin de loques humaines … les poches… 100 ans de vie en solitaire… 100 ans d’ennui et de misère à des comptoirs sans lendemain… les poches… un jour… on apprend qu’on n’ les verra plus, qu’en douce elles se sont fait la belle… les poches... ou La dame pipi. C’est fou ce qu’elles inspirent les dames pipi, après Claude Semal, Eric Toulis a la sienne aussi… Puis on ricane avec Miss France, un texte à faire verdir la Geneviève ! Et enfin La femme des autres si convoitée !

Comme dans Soyons bref !, où Eric chantait Les musiciens reprenant avec drôlerie les clichés qui circulent sur l’univers du spectacle vivant. Ici, dans Le coin de la nappe, il évoque le travail d’auteur compositeur et sûr que cet homme-là s’amuse en créant ses p‘tites musiques et ses p’tites chansons ! Et j’espère que vous vous régalerez autant que moi en découvrant ce nouveau disque !

Contact : Olly Productions 01.43.46.20.40.

Brigitte Fourquet

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Madame la Rue      /      Plein Chant

Coup double sans coup de blues, ni de boule, un simple et un double, ça fait trois. Et derrière tout ça, un homme, pour faire lever la pâte et lier la sauce, un infatigable. Un artiste, un mélodiste et chanteur qui depuis des années s’évertue à faire passer du statut d’inconnu à celui de « méconnu, mais connu » des poètes à la plume trempée dans l’encre de l’humanité, des écrivains qui parlent pour qu’on les comprenne. Ca gars-là cherche, fouine et trouve toujours, il a commencé avec Couté et poursuit aujourd’hui avec d’autres. Il sait faire d’un poème une chanson, sans faire de la poésie chantée.

Cet homme, c’est Gérard Pierron, c’est un homme de rencontres et sur ces deux albums les rencontres sont riches.

Madame la Rue D’abord, Madame la Rue ou comment cinq artistes, chanteurs et musiciens, se retrouvent autour de chansons à découvrir ou redécouvrir, autour d’auteurs qui parlent de la vie, avec simplicité, tendresse et humour. Ces artistes sont Françoise Mesnil, Mag Senn, Marie Mazille, Patrick Reboud et Gérard Pierron, les auteurs sont Jean Moiziard et ses Départements, Gilles et Julien, les chansonniers suisses et leurs chansons engagées comme ce fameux Dollar, ce cher Roger Riffard et ses P’tits trains , Eugène Bizeau et sa Colombe de Picasso, Allain Leprest, compagnon de rimes de Gérard Pierron, Michèle Bernard,mais aussi quelques plus connus comme Mac Orlan, Robert Desnos, Raymond Queneau et son délicat Un enfant a dit, même Maurice Genevoix et ses vieux messieurs du Luxembourg. Sans oublier deux très jolis titres de Jean-Pierre Pierron, le frère, Le vide grenier de ma musique et Madame la Rue...  


Plein Chant L’autre album, Plein chant, un double avec deux fois plus de chansons, c’est encore une histoire de rencontre, celle de deux groupes, DJAL (Du Jour Au Lendemain), KORDÉVAN avec le chanteur mélodiste Gérard Pierron, encore lui ! Les chansons de Gérard Pierron, ses mélodies, quelques reprises, entouré d’amateurs professionnels de jazz, de musique traditionnelle et contemporaine aux instruments parfois venus d’ailleurs, : bouzouki, vielle à roue électroacoustique ou accordina, sans oublier les classiques guitares, accordéons et autres flûtes à bec ou sans !

Le tout donne aux chansons interprétées par Gérard Pierron une richesse, une force, une beauté rares. On y retrouve même un classique du tandem Couté-Pierron, La champ de naviots, sans les paroles du poète, sans la voix du chanteur, simplement et richement musiqué par ces fous furieux de la musique de partout… Roger Riffard est encore là, avec sa merveilleuse Guitare d’Édouard, le plus bel hommage rendu aux créateurs de chansons par un créateur de chansons qui s’est glissé pour l’occasion dans la peau d’un amoureux de la chansonnette. Magnifiques Fille’s de la Loère ! Quelle version du Gâs qu’a perdu l’esprit ! Magistral, ce Je n’ai rien refusé de la tendresse humaine ! Et ce monsieur Bizeau : A quoi rêves-tu, rêve creux / A quoi rêves tu quand tu rêves ? / Je rêve que les malheureux / Pour briser leurs chaînes se lèvent ! 

Gérard Pierron est le chantre de ces poètes qui ont des choses à dire plus qu’à écrire, de ces gens qui ne se regardent pas le bout de la rime, mais qui mettent leur sensibilité au service du cœur et de l’homme, de ceux qui racontent les autres sans parler d’eux. De ces poètes dont la poésie doit être dite à haute voix, braillée, hurlée, gueulée, chantée comme une chanson. Et c’est ce qu’il fait, Gérard Pierron, il ne met pas en musique la poésie, il met en chanson les poètes ! Et il enrichit ses mélodies de toutes ces belles rencontres. Merci à lui et à eux...

www.gerard-pierron.org/

Christian Lassalle

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Tranches de Scènes n°4 - Serge Utgé-Royo

Enfin, il est là… On l’attendu un peu longtemps, celui-là. Mais il est là. Une heure autour d’Utgé-Royo, le programme est alléchant… et on injecte la rondelle dans le lecteur DVD du salon. Avec une grande dose de curiosité, comme si on allait au concert. Et c’est vrai que c’est plaisant de voir dans sa télé ceux qui n’y passent jamais, de découvrir des gens qu’on n’avait jamais vus, voir presque « pour de vrai » d’autres dont on a entendu parler, revoir certains qu’on avait déjà vus. C’est que c’est fugace, un concert, on en prend plein les mirettes, ça reste une paire de jours, on repart avec un CD qu’on entend sans toujours écouter et ça se barre, avec le temps, comme disait l’autre. Mais là, une vidéo, c’est pas pareil...

Alors je dois avouer que j’ai vite regardé la première d’Utgé-Royo pour être sûr que c’était bien lui, puis zappé presque tout le peloton pour me remémorer le dernier fabuleux concert Reims Oreille avec l’explosif Michel Bühler. Ouais, c’était ça ou presque. Heureux de vous revoir, maître Bühler et merci encore !

Alors on revient en arrière, on s’installe, on convoque la famille, on fait taire dans les rangs et on regarde. On apprend et découvre les anecdotes de la vie de Serge Utgé-Royo, ses motivations et on l’entend chanter. Merveilleux, comme en concert. La voix est là, qui vous prend les tripes. Le Mariano des anars ! Le choix des chansons est judicieux, l’enregistrement est bon. Utgé-Royo aime tout le monde et a des amis généreux et formidables. Ouais…

Et puis il y a les autres, bien servis ou desservis par la formule. Bühler et sa chanson dévastatrice, super, presque aussi bien qu’à Reims Oreille. Et puis la belle surprise avec François Gaillard et son idée de reconduire le sinistre à la frontière, avec beaucoup d’humour et sans prise de tête. C’est de la chanson, rien d’autre, c’est bien ! Et les autres, qu’on est heureux de voir, revoir ou découvrir. Ou pas…

C’est dangereux le DVD, c’est à double tranchant. Ou ça passe ou ça casse. Et la raison n’est pas toujours la soi-disant qualité de l’artiste. Un son pas terrible, une chanson pas facile, un soir de méforme et patatras ! Mais l’envie est grande d’être sur le DVD d’Utgé-Royo. Pourtant, l’idée est excellente et pour les provinciaux que nous sommes, c’est « pratique », on se croirait à Paris, mais on est chez nous, on voit des gens qu’on aimerait voir chanter chez nous… ou pas !

On attend le prochain avec la même curiosité. Paraît que l’invité d’honneur est Gérard Morel. On prend note et on salive…

www.chanson-net.com/tranchesdescenes/

Christian Lassalle

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de Rien - L’éphéméride

Du café-concert de Rai (près Alençon) où Thibaut chantait ses premières chansons, de Rien a su tracer sa route. En 2003, le groupe enregistre son premier CD intitulé « Instants fanés » qui lui permet de se faire connaître en Normandie et en Bretagne où le groupe donne ses premiers concerts. Depuis de Rien a enregistré « L’éphéméride » qui leur a ouvert de nombreuses portes. En effet, ces jeunes artistes ont déjà pas mal bourlingué, de La rochelle à La soupe aux choux de Bourges en passant par Bogota, Sarcelles, Lille, Zurich, Belle-Île en Mer où par l’Européen à Paris !

La symbolique de l’éphéméride donne à cet album les multiples couleurs des instants fugaces de la vie. de Rien sait joliment passer de l’émotion au réalisme, du quotidien à un humour en demi-teinte créant ainsi un large éventail de styles musicaux et d’émotions. Mais attention avec de Rien pas de chansons d’amours niaises, même dans « Ta peau sur mes os » ou « Un air d’adultère » les mots virevoltent dans une sorte de ritournelle tendre, mais d’un romantisme quelque peu décalé, voire désabusé !

Puis dans « Coûte que coûte » on découvre un autre style, plus fort, plus inspiré par la vie, cette vie si difficile à construire, ainsi de Rien chante « au charbon comme des cons…le jour on sue, la nuit derrière un comptoir ou devant le petit écran on s’abrutit pour compter les moutons, je rêve d’une grève générale …où tout le monde chanterait   coûte que coûte, vaille que vaille, demain nous n’irons plus au travail, on se casse le cul toute sa vie ……sans jamais se tailler d’ici, à part au mois d’août, tous sur la même route…» tandis que dans « L’éphéméride » il constate « le temps revient tout le temps, le temps qui passe, le temps qu’il faut pour s’habituer, se faire à l’idée qu’on ne se fera jamais la balle, qu’on se fera toujours du mal à se cogner aux mêmes journées…» et dans « Chambre avec vue »  de Rien semble recherche une certaine vérité, abordant un mal être, « De ma chambre avec vue sur la merde, je crie le journal de bord d’un marin qui n’a jamais quitté le port. Mais si ce n’est qu’une bouteille à la mer, il s’agit d’une goutte pour faire déborder le verre, d’une chanson pour faire passer le goût amer ». Et c’est bien la musique, l’accordéon, la contrebasse et le violon qui illuminent cette écriture douce-amère mais jamais noire.

Ce second opus marque l’évolution de de Rien , évolution de l’écriture, des arrangements, une nouvelle orientation se profile et je vous confie une grande nouvelle, un scoop même, glané lors du festival des voix d’hiver de Gauchy, le groupe de Rien serait en train de se séparer et le jeune chanteur entamerait une carrière en solo… à suivre donc !!

derien.artistes.universalmusic.fr/

Brigitte Fourquet

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Mathieu Rosaz - Je préfère les chansons tristes

Passionné par la « Dame en noir » à laquelle il rendit hommage, lui consacrant 2 albums salués par Daniel Pantchenko, Mathieu Rosaz propose un CD dans lequel sont associées des reprises de chansons peu connues de Véronique Sanson et des créations personnelles. En effet, Mathieu Rosaz est passé à l’écriture. Cet opus est aussi le fruit d’une double collaboration avec Elisa Point pour les paroles de «Juste avant l’orage» et de « Je préfère les chansons tristes » et avec Michel Glasko à l’accordéon.

Mathieu brosse des portraits comme dans « Madame vit à Paris » où il évoque l’élégante solitude d’une dame aux cheveux gris, ou dans «Les gens des maisons de disques » dans laquelle il s’amuse de l’incompréhension de certains directeurs et programmateurs qui ne recherchent que des produits ! Mais il sait aussi marier l’humour et la nostalgie dans « Triste à Saint-Tropez » qui décrit les ruelles d’un petit port de pêche du sud de la France ! Vous pourrez découvrir toute la beauté de la « Chanson de l’acrobate » qui rend hommage aux arts du cirque. Mathieu Rosaz est sans aucun doute un artiste atypique, quelque peu anachronique, avec une voix aux intonations d’un autre temps et surtout un auteur talentueux. J’ai trouvé là de belles émotions et je réécoute souvent, l’un des titres dans lequel Mathieu a su lever le voile avec élégance sur le délicat sujet de la prostitution masculine dans « Banquette arrière ». Il y a là dans ce titre composé de mots simples, de pudeur, quelque chose d’infiniment troublant, un beau regard et une véritable écriture !

www.mathieurosaz.com/

Brigitte Fourquet

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Trévidy - Confessions d’un con 

« Y'a plus d' pavés y'a plus d' plage / Y'a plus rien du tout / Y'a plus qu' des cons des endormis / Y'a plus qu' des mous dans mon pays »

On se dit illico que c’est le dernier Renaud, le retour, le vrai ! Et ce refrain, comme dans une vraie chanson, on se le prend en pleine tête, on se le garde et on le chante, si bien que les gens autour nous regardent bizarre !

Ben non, c’est pas Renaud, pas Béranger, c’est Trévidy, un nom à pousser sur la lande bretonne, à regarder la mer, mais la terre aussi et les gens. Et l’album s’appelle « Confessions d’un con », ça ne se cache pas pour dire ce que ça pense, ça y va direct et ça déménage tant au niveau de la musique que des paroles… signées Trévidy le plus souvent, parfois Yane Maléjac Jégou et une reprise – utile ? – de Brassens. Et, sur des rythmes des balloches comme sur des ballades bercées de douceur et tendresse, avec une voix à défier le grand large, Trévidy nous livre ses coups de gueule et ses petits portraits caustiques : la disparition des pavés, la conciété d’ supermation, le p’tit chef p’tit con, la fan de la Céline, Chausey sur mer ou ces confessions d’un con… Et, au fil des chansons, quelques mots choisis qu’il n’a pas mâchés et qui tonnent dans la tempête.

Hé, Trévidy, y a pas que toi à aimer tes poèmes, y a pas que toi à aimer tes chansons, ne les enferme pas au fond de toi-même, ne les garde pas avec tes illusions. Nous, à Reims Oreille, c’est quand tu veux…

www.trevidy.fr/

Christian Lassalle

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Cédric Barré - La Ronde

Cédric Barré est un artiste axonais originaire de Fargniers qui a fait ses débuts au sein du groupe Panic Stricken. En 2000 il enregistre ses premières maquettes, puis vient La part de l’ange avant de sortir en 2003 un album autoproduit intitulé Ether. Cédric est auteur-compositeur-interprète, c’est même un homme-orchestre, il joue lui-même de chacun des instruments, réalise les arrangements et même le mixage !

Les évènements se précipitent durant l’année 2005 qui se révèle être un bon cru pour Cédric qui a été choisi pour faire la 1ère partie de Fabien Martin. Puis en mai 2006 il participe aux rencontres d’Astafford où il fait la connaissance Magyd Cherfi (l’ex chanteur de Zebda) et de Sansévérino qui l’encouragent et La ronde voit le jour quelques mois après sous le label Home Made Records.

Comme je ne sais pas écouter un disque dans l’ordre prescrit par l’artiste, je commence donc par la fin, par Le dénouement, par J’y étais pas, j’aime la mélancolie de ce titre dédié à sa grand-mère qui nous plonge dans le passé, dans des souvenirs qu’on a pas vécus… De vie il est encore question dans Tamisons où l’ambiance intimiste nous invite à préserver l’essentiel, l’essence même de la vie, de ces petits riens qui donnent à l’existence toute sa valeur «on ne vie qu’une fois, autant faire n’importe quoi, pas de risque je crois qu’on s’éternise ici-bas, on ne meurt que deux fois, d’amour, de n’importe quoi ». Avec La petite vie là on change de style, voici un titre qui bouge bien et qui se joue de notre quotidien «On a pris des magazines, de la presse féminine, Dieu que tout ça sentait bon la ruine.... on a pris quelques affaires, des cols en V, des robes claires, tout ce qu’un jour a aimé faire… la petite vie qu’on mène, la belle vie qui nous promène, de l’ennui qui passe au travers, la petite vie qu’on aime».

J’inonde a une couleur… un je-ne-sais-quoi qui me touche «je ne sais pas comment m’en défaire, trop de vent, de bruit, de poussière, trop de rêves à partager, j’inonde à la ronde, en avant en arrière d’eau de pluie et de mer, d’eau de vie et de mer ». Lorsque j’écoute Midi à Rome j’ai l’impression, je ne saurais vous dire pourquoi, que la personnalité de Cédric transparaît particulièrement dans ce titre «j’ai rêvé de Wagner, d’amis, de gens que je connais, chacun voit midi à Rome, 14 heures sonne à nos portes, j’ai révê d’imprévus d’amour à bouche, que veux tu, dans ce manège ou tout le monde ne cesse d’essayer, je t’ai vu monter ». Pour finir, j’ai gardé l’Amérique que je préfère, pour la fin, comme un dessert, « Elle avait bien vendu son âme et son sang pour de l’or, pour un amant… l’Amérique a tout lu, tout vu et tout connu… Elle n’était pas de celles que l’on met à l’écart… celles qui vont à cheval à l’avant, qui cavalent, on n’osait plus, plus souvent venger honneur et pourtant tant d’amis qu’on descend »

Si je vous ai mis l’eau à la bouche, vous pourrez vous procurer le CD de Cédric directement sur son site sur www.cedricbarre.com en attendant de le retrouver sur scène !

Brigitte Fourquet

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Durand d'Avril - SparadrapDurand d'Avril - Sparadrap

D’abord, derrière tout ça, il y a surtout deux gars, Manu Codjia à la guitare, aux compositions et arrangements et Durand d'Avril au chant et aussi aux compositions. C’est plus dans l’esprit groupe pop ou rock qu’autre chose. On n’imagine pas Durand d’Avril autrement qu’avec le band qui vrombit derrière, la scène surélevée, les musicos en basket et le chanteur attaché au micro.

 C’est l’univers de Durand d’Avril qui veut ça : les grosses américaines, voiture ou pin-up, les mots amerloques qui sont très rock, les rimes en –ik et en –ak pour l’Afrique qui raque sur un rythme reggae, le lipstick qui colle aux lèvres de Marilyn et laisse des marques sur le T-shirt immaculé, les créatures qui transmutent, le clinquant en trompe-l’œil, l’esthétique en chirurgie et la face cachée bien cachée qui montre tout le délabrement.

Un p’tit coup de casquette quand même sur le mauvais good vivre venu des States et un coup de chatterton outre-Manche  pour Miss Templeton.

Un truc rigolo en jeu de mots avec un bovin place Beauvau… en attendant un zozo à l’Elysée ? Des batraciens inutiles, des mûres et des pas vertes, deux cannes en carton, une pomme dans la poire… et tout ça qui tient à un fil de sparadrap !

On aimerait même plus de camions de pompiers, c’est ce qu’il lui faudrait pour qu’il hurle, qu’il beugle et se lâche encore plus. Et pour finir, un réjouissant long morceau comme on n’en fait plus dans les radios, une rhapsodie matinale qui recolle tous ces morceaux… sans sparadrap.

 Pour citer des références et faciliter le rangement dans les armoires, on évoquera toujours Thiéfaine sur certains titres. Aussi Higelin sur d’autres et c’est nouveau. Et même l’Yves Simon d’autrefois pour les chansons plus murmurées que chantées... et c’est très bien. Les Bowie, Lou Reed et autres rockers à la cadence décadente sont passés par là. Faudra de l’imagination pour ranger ces beaux morceaux de Sparadrap. Faire gaffe aux doigts, car ça colle aux oreilles, ces machins-là !         

duranddavril.com

Christian Lassalle

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Balbino Medellin - Gitan de PanameBalbino Medellin - Gitan de Paname

Voici un titi pétri de la rumba des gitans catalans de Perpignan, aux nombreux points communs avec Mano Solo : acolyte guitariste sur les Animales, le mélange rock alternatif et flamenco à la sauce urbaine d’un(e) Pigalle qui est la femme de leur vie – et de leurs vices - sans manichéisme, une voix qui se raconte sans se la raconter ! Un de ses frères de Misère.

 Avez-vous déjà vu sous le périph’ de la rue de la Chapelle les roulottes installées autour d’un brasero de notes, les tziganes transcendés faisant vibrer (plus que le métro !) les piliers de béton et les bohémiennes aux longues jupes tournoyantes battant le pavé pour u autre son que celui des pièces ? Et bien, écoutez et, pour sûr, vous les verrez.

Solenne Massicard

 

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Mona - Ultra SensibleMona - Ultra Sensible

 

C’est folk, c’est pop, c’est rock, c’est mélodique, c’est français, c’est donc de la chanson française. La voix est jolie, douce ou violente, sautillante selon les humeurs de la dame. Comme la guitare qui l’accompagne. Et ça swingue bien, ça fait bouger les corps et tanguer les coeurs, on ne reste pas insensible à ce rythme tantôt doux tantôt fort. Mona est multiple, passe du pire au meilleur, du trou le plus profond au soleil le plus éclatant. Elle oscille sans cesse entre deux mondes, l’espoir et le désespoir, la douceur et la violence, voix fragile ou hargneuse, rock balèze et mélodie pleine de grâce. 

 Mais Mona n‘est pas Marie, elle est parfois par terre, c’est noir, désespéré, c’est aussi tant pis pour ceux qui ne suivent pas la bonne route. Mais quand vient la nuit, elle oublie tous ses soucis, elle se relève et ça chauffe, ça balance rock, boum boum la batterie, vroom vroom la guitare, et ça part en solo. Mais Mona, c’est aussi de jolies ballades bien baladantes, languissantes et chatoyantes comme ce sale bijou autour du cou d’une hippie des années 70 ou cette maison verte qui termine l’album. Ultra Sensible, c’est le titre en deux mots et ça résume bien l’ensemble. Mona traîne sa mélancolie et sa rage sur les chemins, baba cool et baladin, au milieu des guitares parfois saturées, aussi comme les chemineaux d’avant et les ménestrels d’antan, une sorte de Grace Slick à la française à la recherche d’un White Rabbit et de Somebody to Love.

 C’est arrangé par Christian Fradin, la guitare électrique est de Bruno Di Placido et le résultat est fort beau. Et pour finir, elle nous dit : « Par ce que j’ai de plus beau, faites que jamais mes mots n’accablent ni ne blâment même la plus laide des âmes ». C’est pas beau, ça ?

 

chezmona.com

 

Christian Lassalle

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Louis Ville - A choisirLouis Ville - A choisir

 

C’est un peu la grosse claque qu’on vient de prendre sans la voir arriver, l’album qu’on découvre par hasard, l’artiste dont on se dit qu’il existe depuis tant de temps et je n’en savais rien ! Un curieux hasard ou un hasard de curieux ?

C’est, à la première écoute, une voix qu’on croit connaître ou reconnaître, mais c’est, à la deuxième écoute, un autre monde. Une découverte inouïe, car « jamais entendu » ! Et comme - pour se rassurer - on a besoin de repères, de balises, on en cherche et on en trouve, qu’on délaisse bientôt. On écoute, on réécoute, on découvre ce détail, cet autre-là, on préfère celle-ci, puis c’est celle-là qui nous séduit. On néglige celle-là, qu’on finit par faire remonter à la surface ou qu’il finit par rendre évidente, lui, Louis Ville !

 Parce que Louis Ville, c’est son nom, c’est simple, c’est rock, ça bouge et ça dérange. Louis Ville, c’est l’amour, pur et dur, sans concession, bleu ou noir. L’amour qui fait couler tant d’encre, qui fait saigner les anges, sombrer dans la démence, celui aussi qu’on enferme à double tour ou encore l’amour égoïste de celui qui le sait. Louis Ville, c’est la révolte, c’est les coups de gueule, c’est la révolution. Celle de Léo Ferré : La société, c’est pas d’ la tarte ! Y en a marre ! C’est aussi la complainte réaliste, celle de  Kesoubah (Jean Tranchant), quand la terre rime avec la misère. C’est aussi la tendresse à la voix rauque, comme l’ours qui chante une berceuse à la fillette, cet ange  qui veut grandir ! C’est aussi Loli, l’étincelle, la foudre sur Attends-moi ou la baffe au Nicolas

 Louis Ville, c‘est aussi « à choisir », merveilleuse chanson à la puissance brélienne, au crescendo dramatique, avec cette voix qui monte, qui monte, qui s’emporte et qui déborde et vous emporte… puis qui retombe : à choisir s’il faut que je tombe, je veux tes mains pour me couvrir d’ombre.

 « A choisir »,  c’est aussi de la chanson à musique, avec, derrière le chanteur guitariste, mais jamais devant,  des musiciens pour qui le rock n’est pas qu’un mot. Dans l’accompagnement et les arrangements, il y a parfois comme un souvenir de noir désir, batterie flamboyante et rythme révolté... Et c’est, pour conclure, un album qu’il faut avoir.

louis-ville.com   

 

Christian Lassalle

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Bandits d’honneur - Sur la routeBandits d’honneur - Sur la route

  Le titre d’ouverture A votre bon cœur  m’a emballée tout de suite, accordéon, dont pourtant je ne suis pas fan… allez comprendre ! Envolée manouche, voix légèrement fauve,  soleil fou à la terrasse, des femmes en falbalas, une belle émotion… et puis j’écoute Liberté jeunesse au programme, sympa et cool « dès l’adolescence on s’est envolé avec la musique pour nous … en fumant un joint… autour d’un feu bien allumé … respirer la liberté »…. Tout ça s’écoute bien, ça coule tout seul. Cette équipe là me plait ! Ces jeunes axonais  originaires de Tergnier ont déjà roulé leur bosse, ils ont chanté aux terrasses des cafés et la caravane ils la connaissent vraiment, celle de Seb (chant, accordéon et guitare) qu’ils ont traînée aux 4 coins de l’hexagone. Multi instrumentistes, vifs, curieux et ouverts à tous les arts,  ils ont  aussi  collaboré avec la compagnie La lanterne magique de Cœuvres et Valsery (02) et ont monté un spectacle vivant qui allie chant, danse et cirque. Après s’être produits dans les plus petits villages de province et de Provence sous le chapiteau, ils autoproduisent en moins d’un an ce premier CD dont le titre leur va si bien Sur la route !

  Leur petite troupe est quasiment complète avec l’arrivée de Bruno au saxo qui rejoint Seb, Adrienne (violon, violoncelle, flûte & chant) et Alex (guitare, mandoline, trompette & chant). Au-delà des  rythmes endiablés ils manient aussi la dérision dans  La blague « Une crise économique se prépare, attention Messieurs Dames… Attachez vos ceintures… Faudra travailler pour éponger la dette, j’ai la solution c’est la Con-so-mma-tion, moi je veux ton pognon… Y  en a marre de vot’ sale  blague, y en a marre de vos histoires… Attention, messieurs dames, ce sont des terroristes… J’ai la solution contre les pays barbares et  l’axe du mal… Y en a marre de vot’ sale blague, y en a marre de vos histoires » On peut bien rire un peu !! Non ?? Je réécoute Génération 62, ce titre a ce petit quelque chose qui m’émeut particulièrement et  je ne sais pourquoi, il me rappelle le Livret de Famille de Magyd Cherfy (voir la chronique sur notre site) « je pense à  la gabardine bleu ciel et au foulard multicolore, je pense à l’amour de cette femme si fort, si solide, érigé comme une muraille imprenable ». Bien sur le dénominateur commun, c’est la musique, le soleil et l’amour. En attendant d’aller voir les Bandits d’honneur sur scène, et surtout de trouver leur site (si vous le trouvez vous me prévenez !!!) je  vous livre un scoop, leur second opus vient de voir le jour sous le titre « La clarté dans la confusion » c’est prometteur ! A suivre donc dans le prochain numéro de Reims Oreille !

Contact : 06.14.62.11.08

Brigitte Fourquet

 

 

 

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MAP - Debout là d’dansMAP - Debout là-d'dans

 

                    Ça déménage et ça fait du bien ! Ces mots là éveillent les consciences et leur musique fait danser. Ces rappeurs, enfants de l’immigration nous viennent  de Lille. Hors du rap conventionnel, ils manient le violon et l’accordéon, nous baladent du rap au musette en passant par le style arabo-tzigane.     Ces Ch’tis nous offrent une visite guidée dans Lillo, au cœur des HLM on partage les quartiers,  la peur des tournantes,  la chienne de vie, l’exclusion et les sans-paps. La vie qui cogne, dans cette région de misère où les gamins grandissent dans des caves incendiées à la recherche d’un jour meilleur, pas question de laisser passer sa chance, il faut Avancer.

                   MAP  c’est aussi  la fusion, la fusion  des cultures, de celle qu’ils ont sans doute découverte dans les souvenirs et les récits de leurs parents contés dans  Manich Mena. Traversée de  la Méditerranée et culture du bled où ils ne sont jamais allés, pour rester ici comme d’éternels fils d’immigrés qui entendent : « Ici, fiston, t’es pas chez toi, la France nous aime pas parce qu’on est différent, pas facile à comprendre pour un môme de 6 ans… J’ai pas vu mon grand père dans le livre d’histoire... Les tortures en Algérie, tout le monde s’en balance… J’accuse l’école de cultiver l’ignorance dans la censure, la haine dans la dissimulation de son passé de ses blessures… On me rabâche des trucs comme liberté, démocratie, fraternité et personne n’a été fichu de m’ dire pourquoi certains enfants n’avaient pas le droit de me parler, pourquoi des familles africaines entassées dans des cages à poules, ça prend feu  mais c’est pas grave c’est qu’ des noirs… franchement tu veux savoir ce que j’en pense : Elle est belle la France ! »

                      Dans Balle populaire Dias et HK évoquent l’art, la diversité des origines et la place de l’art dans la société contemporaine : « Notre art  populaire, musique d’ici et d’ailleurs, on n’en a fait un ministère, pour un monde meilleur. Confluences, d’influences, de sonorités différentes, de Roubaix à New York en passant par Alger la blanche. Sans hymnes sans drapeaux sans nations ni patries Hybride culturel entre l’occident et l’Algérie. Contre la haine et l’injustice…en guerre contre bavures, … contre  inégalités  et  pouvoirs fascistes, mon hip hop je crie comme on brandit un drapeau blanc »

                         Rappeurs, militants, politisés, les MAP ont réalisé là un premier opus vraiment gonflé, c’est fort, idéologiquement bien sûr et musicalement aussi, ça bouge et ça interpelle… et comme de plus ils sont bosseurs, ces p’tiots mecs sont déjà en train de préparer le suivant. Sur leur site, vous pourrez  écouter un tout nouveau titre que j’ai découvert au meeting d’Olivier Besancenot à la Mutualité. Ça  commence comme ça : « Les p’tites gens se cassent les reins pour gagner 3 cacahuètes, galèrent pour remplir la marmite de miettes, comptent la mitraille pour l’avenir de la marmaille… chacun sa p’tite popote, si j’ai tort tu m’arrêtes, ça m’ fout la gerbe, je t’ donne ma solution… si on cassait la baraque, dis-moi que t’as pas peur, faut se mettre à l’ouvrage, si on se mettait à la tâche, si on remontait  nos manches, nous on rêve de changement, de révolte et de grand soir… quand faut y aller, faut y aller, lève le poing, ne pas baisser les bras face à cette misère… unis et solidaires derrière la même bannière, la résistance est en marche, on y croit dur comme fer...» et ça s’appelle Salutations révolutionnaires.

 

Brigitte Fourquet

 

 

 

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